Après avoir échangé avec son support Prime il y a quelques semaines, c’est désormais Costin « Hazel » Pestrițu qui s’est prêté au jeu de l’interview. Le jeune ADC de Karmine Corp Blue revient sur son expérience en LEC Versus, son adaptation au plus haut niveau européen et son retour en ERL, après une phase de compétition aussi exigeante que formatrice.
Interview avec Hazel, ADC de l’équipe Karmine Corp Blue
YasGuard : Bonjour Hazel, comment vas‑tu aujourd’hui ?
Hazel : Après cette game, ma journée ne se passe pas très bien. C’est une défaite démoralisante, surtout vu comment l’early game s’est déroulé. On avait une très bonne opportunité autour de l’Elder et on a gagné un fight, mais je ne pense pas avoir bien joué ce teamfight, et à cause de ça, on n’a pas réussi à gagner.
YasGuard : La game ne s’est pas passée comme tu l’espérais, mais comment l’as‑tu vécue ? Et malgré tout, est‑ce que tu penses que ça reste une bonne expérience ?
Hazel : Chaque game sur la scène LEC est une bonne expérience pour moi, parce que je joue contre des joueurs très expérimentés. Mais surtout, je suis juste heureux de jouer sur scène LEC. C’est une expérience unique. Peut‑être que certains d’entre nous reviendront en LEC un jour depuis le roster KCB, mais pour l’instant, on sait qu’on a une sorte de “one‑shot chance”, et je suis heureux de jouer ces matchs. Dans cette game, je me sentais vraiment très confiant au début. Mais après le first blood que j’ai donné, je n’avais plus du tout la même confiance, et je me suis un peu éteint en communication. Heureusement, mon équipe a step‑up. Ils ont joué comme je m’y attendais, et grâce à ça, on a presque gagné sur un fight. Mais oui, en général, jouer en LEC est une expérience incroyable, donc je suis heureux malgré tout.
YasGuard : Comme tu l’as dit, jouer en LEC est une super expérience, surtout sachant que tu viens du tier 2 avec la Karmine Corp Blue Stars. Comment tu vis le fait de jouer en LEC avec KCB, l’équipe qui t’a promu ?
Hazel : Je me souviens avoir regardé les EMEA Masters cette année, et j’ai vu KCB jouer la finale qui les qualifiait en LEC. J’étais à la fois excité et stressé, parce que j’avais un peu peur. J’avais confiance en moi, je pensais pouvoir atteindre le niveau, mais honnêtement, les discussions autour de la promotion ont été longues, donc je savais dans quoi je m’engageais. Mais la toute première fois que j’ai entendu que KCB allait jouer en LEC, j’ai eu peur, je ne vais pas mentir.
YasGuard : Tu as maintenant presque un split complet en LEC. Quelle est la plus grande différence entre ce que tu jouais avant et le LEC ?
Hazel : La différence entre l’ERL et le LEC ? En ERL 2, beaucoup de lanes explosaient littéralement. Je me souviens de 2v2 kills dans des lanes où ça ne devrait jamais arriver. À ce niveau‑là, ça n’arrive presque jamais, sauf en scrims. J’ai réalisé après la première semaine de LEC que les joueurs ne sont pas “peureux” de se battre, mais ils savent quand ils ne doivent pas se battre, et donc ils ne le font pas. C’est une énorme différence pour moi, parce que je suis un joueur très impulsif. J’adore me battre contre mon laner, j’aime imposer ma domination. Mais quand je joue des lanes où je ne peux pas me battre, ou où je ne dois pas, et que l’objectif est juste de rester even, si je rends la lane volatile, je me fais punir. Et c’est arrivé aujourd’hui aussi.
YasGuard : Et quel est le point principal que tu veux améliorer pour la suite de l’année ?
Hazel : Probablement le teamfight. Ma lane phase s’est beaucoup améliorée grâce à Prime, c’est vraiment le GOAT. Nos 2v2 se passent bien. Je ne review pas beaucoup mon propre gameplay, mais quand il voit un problème, il me le dit toujours, et je respecte énormément ça. Mais oui, le teamfight est le point principal à travailler, pas seulement pour moi, mais pour l’équipe. En ERL 2, c’était l’un de mes points forts, mais maintenant je ne suis clairement pas encore au niveau où je devrais être.
YasGuard : Tu disais aussi que ton mindset est toujours de fight, mais qu’en LEC c’est plus difficile. Penses‑tu que ton mindset changera en revenant en LFL ?
Hazel : Je ne pense pas. C’est quelque chose que j’ai toujours fait dans ma carrière. Ça fait partie de mon identité. Je veux vraiment dominer mon adversaire, pas juste avoir un petit lead. Donc je vais garder mon identité, et essayer de trouver des façons de jouer autour de ça, et devenir assez bon pour pouvoir continuer à le faire.
YasGuard : Parlons maintenant du mindset de l’équipe autour du LEC. Comment tu l’évalues, avant de jouer en LEC et maintenant que vous revenez en LFL ?
Hazel : En arrivant en LEC, on était tous excités. Moi en tout cas. Mais je sais que certains n’étaient pas sûrs de nos performances, vu nos scrims avant le début du LEC. Mais en semaine 1, on a réalisé qu’on n’était pas aussi mauvais qu’on le pensait. On jouait plutôt bien. Ensuite, on a perdu notre rythme, et on a fait deux semaines en 0‑3. Mais une fois qu’on a compris qu’on ne pouvait plus faire les playoffs, on a réalisé à quel point cette expérience était précieuse. En tant qu’équipe ERL, on n’aurait jamais eu l’occasion de scrim des équipes LEC, encore moins de les affronter en officiel. Donc le fait d’avoir eu cette opportunité grâce au LEC, c’est incroyable pour nous.
YasGuard : Un changement qui avait été annoncé est le contrôle WASD. Tu en penses quoi ?
Hazel : Quand le WASD a été annoncé, les gens avaient peur en voyant ce que ça donnait sur le PBE. Je pense que c’est un peu inutile. Peut‑être que certains pros l’utiliseront un jour, mais je pense que ça prendra énormément de temps avant que ce soit utilisé en compétitif, même en bas niveau. Pour moi, c’est surtout pour attirer de nouveaux joueurs, parce que League manque de nouveaux joueurs, le jeu est dur à contrôler, dur à comprendre. Mais je ne suis pas inquiet du tout. Je ne compte pas changer, surtout avec les nerfs sur les ADC en WASD (moins d’attack speed, etc.).
YasGuard : Si tu as un mot pour les fans français, les fans KC, les fans d’esport, le micro est à toi.
Hazel : Principalement, merci aux fans KC de continuer à nous soutenir après notre run en LEC. On y croyait jusqu’au bout, et je suis vraiment heureux que, chaque fois que j’ouvrais Twitter ou que je regardais dans l’arène, il y avait toujours quelques fans KC très vocaux et très soutenants. Tout ce que je peux dire, c’est que quand on reviendra en ERL, on leur offrira une performance dont ils pourront être fiers.