À la tête de Sheep Esports, l’un des médias les plus connus de la scène, l’insider Brieuc « Wooloo » Seeger a étendu son activité avec la création d’une équipe en Belgique : Frites Esports Club (FEC). Toutefois, jongler entre actualité esport et recherche de résultats en compétition demande une organisation et une connaissance du domaine dont peu de gens peuvent se vanter.
Entretien avec Wooloo, insider à la tête de Sheep Esports et Frites Esports Club
Est-ce que l’envie de créer un club était présente avant même que tu ne deviennes « Wooloo » l’insider ?
J’ai toujours eu cette envie de créer un roster plus qu’un club, avant même que « Wooloo » n’existe. La partie la plus passionnante en esport pour moi, c’est le mercato. Et c’est comme ça que j’ai commencé à en parler avant que ça ne devienne mon métier. Ayant déjà tout observé de ce dernier, mon rêve serait de faire un mercato LEC un jour, mais ce n’est pas compatible avec mes activités en tant que média.
Après plusieurs années de travail en esport je me suis dit que ce serait cool pour l’Europe de voir de nombreuses régions briller en Tier 2. Etant belge et voulant représenter mon pays, je me suis dit que c’était une opportunité pour moi de créer quelque chose de sympa et local dans ma région. L’envie de créer un roster a donc toujours été présente et celle de créer un club m’est venue après, avec l’envie de créer des projets et de mettre en avant mon pays dans l’esport !
Pourquoi lancer Frites Esports Club en 2026 alors que Sheep Esports est en pleine croissance ?
Il y a un an et demi, on avait eu l’opportunité de reprendre l’équipe Top 1 en Benelux (7AM) qui était un roster sans organisation. Ça n’aurait rien coûté et fait plaisir aux joueurs, et ça aurait été « brandé » sous le nom de Sheep Esports. Mais au final, avec mes associés on a décidé à la dernière minute de ne pas le faire pour la simple raison qu’on voulait consacrer 100% de nos efforts sur le média.

Aujourd’hui, la croissance de Sheep est plus forte que jamais, mais le média a bcp pris en maturité et indépendance. De plus, en dehors du mercato et des streams, je ne gère pas l’équipe, on a un manager, Nicklas Danskmand, anciennement chez Verdant, qui s’occupe à 100% du day-to-day.
Le FEC a pour but de se positionner en tant qu’acteur principal en Belgique, et d’être connue à un niveau européen, mais je ne toucherai certainement jamais d’argent de ce projet. En revanche, je vis de mon travail chez Sheep Esports, qui est mon activité principal, et qui constitue 90% du temps de mes journées.
Le choix du nom : « Frites Esports Club », ça sonne très communautaire et « Fun ». Est-ce que c’est un projet pour s’amuser avec ta communauté ou est-ce que derrière le nom rigolo, l’ambition est 100% professionnelle et ultra-compétitive ?
On a choisi le nom Frites Esports Club car on veut représenter la Belgique. L’ambition du projet est compétitive mais le but c’est aussi de faire du content derrière. Les joueurs ont été choisis uniquement pour leur niveau de jeu, car on espère aller loin en ERL.
Qu’est-ce que tu as appris en tant qu’insider que tu appliques aujourd’hui en tant que fondateur de club ?
Ce qui m’aide le plus de mon expérience en tant qu’insider, c’est ma compréhension du mercato, et surtout mon réseau. Avoir les bons contacts en esport ça change tout. Si je veux contacter un joueur, avoir un feedback ou une info, la réponse se trouve souvent à un message privé près.
En revanche, mon expérience en tant que gérant de média, mais aussi mon observation de l’esport en général m’aide à comprendre la gestion économique d’une structure et comment faire pour que celle-ci fonctionne.
Quelle a été la chose la plus difficile à mettre en place à laquelle tu ne t’attendais pas, malgré ta connaissance de l’écosystème ?
Si on me posait la question pour Sheep Esports, j’aurais 100 réponses à donner. Mais pour l’équipe spécifiquement, on n’en est qu’au début et ça a été assez fluide. Le plus difficile reste de convaincre des marques, et l’aspect économique, qui est probablement la difficulté numéro 1 pour toute structure en esport. Ça demande beaucoup de patience, mais au moins j’ai un plus grand panel de projets à proposer aux marques.
Comment vas-tu diviser tes journées ? Est-il possible d’être à 100% sur Sheep Esports et à 100% sur la gestion opérationnelle de Frites ?
Je suis presque à 100 % de mes journées sur la gestion opérationnelle de Sheep, la création de contenu pour Sheep (insides, articles) et à suivre de près le développement des réseaux sociaux et du site. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas d’ambitions pour Frites, mais je me limite aux streams et au mercato, peut-être un peu comme un Kameto pour KC ? Donc l’activité principal reste le streaming malgré la création d’une équipe esport, et la mienne étant 1000 fois plus petite, c’est moins chronophage.
Comment garantir l’indépendance de Sheep Esports ? Si demain Frites Esports traverse une crise ou un drama, est-ce que Sheep traitera l’info avec la même froideur que s’il s’agissait de la KC ou de Vitality ?
Sheep Esports se doit de traiter toute équipe de la même manière et ça continuera ainsi, en général on n’a jamais couvert la ligue Benelux à part sur des résultats exceptionnels. Je pense que ça aurait été un vrai problème si on était dans une ligue qu’on couvre régulièrement,. Mais nos éditeurs chez Sheep maintiennent une indépendance éditoriale sur ces sujets.
Est-ce que tu as peur que les autres patrons de clubs arrêtent de te parler ou de te donner des infos par peur que tu les utilises pour favoriser Frites Esports ?
Je parle régulièrement à de nombreux acteurs et n’étant pas dans la même ligue, ça m’affecte peu. De toute façon, les dirigeants de clubs s’échangent régulièrement des infos, et c’est une des raisons pour laquelle j’en ai beaucoup en tant qu’insider. À la limite, avoir une équipe renforce ma crédibilité sur le sujet.
Si dans deux ans l’un des deux projets prend trop de place, lequel privilégieras-tu ?
Sheep Esports ne peut pas prendre plus de place qu’aujourd’hui, mais c’est le projet que je prioriserais si je devais choisir. Le média est devenu une assez grosse structure et j’ai misé ma jeunesse et ma situation économique dessus, je ne mettrai jamais de côté ce projet.
Une équipe ça fonctionne année par année et si on reste en Benelux, il n’y a pas besoin de finances ou de développement fort pour que ça puisse exister.
C’est quoi la suite pour Frites Esports ? Des championnats plus importants comme la LFL ou LEC ?
Nous sommes actuellement en ERL Benelux (Road Of Legends). Le but est de mettre en avant la Belgique et créer quelque chose à niveau régional, on n’a pas l’ambition de devenir une structure du niveau du Vitality ou G2 Esports. Peut-être qu’à l’avenir on pourrait jouer en div 2 ou dans une LEC 2/3, mais pour l’instant on se focus vraiment sur notre scène.
Qu’est-ce que tu veux que les gens disent de Wooloo dans 5 ans : « Le meilleur insider de l’histoire » ou « Le fondateur du club francophone le plus titré ?
Dans 5 ans je veux qu’on puisse voir que j’ai créé quelque chose de bien pour l’esport. Quelque chose qui continuera d’exister dans le temps et contribuera au suivi de notre scène. Je pense que Sheep est actuellement sur la bonne voie !
Ceci dit, même si je parle beaucoup du média dans cette interview, je tiens à dire aux lecteurs suivant FEC que l’équipe risque de surprendre. Les joueurs s’entraînent durement pour faire briller le projet et ça va être très cool.