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ESL Pro League : L’Amérique du Nord en chute libre

La première phase de groupe de l’ESL Pro League est terminé et un constat alarmant ressort, l’Amérique du Nord n’y arrive pas.

Il y a encore quelques années, l’Amérique du Nord comptait parmi les régions fortes dans l’écosystème Counter-Strike. Aujourd’hui, il est totalement impossible de tenir un tel discours. La région qui regorgeait de talents de niveau mondial n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le résultat des trois représentants nord-américains lors de l’ESL Pro League saison 23 reflète parfaitement bien l’état actuel de la scène NA. Ils n’y arrivent pas !

Qu’est ce que l’ESL Pro League ?

L’ESL Pro League est un tournoi international organisé par ESL qui permet aux meilleures équipes mondiales de s’affronter. Deux phases de groupe ont d’abord lieu. Un tournoi dit en round suisse permet d’affronter un maximum d’équipes. Le principe est simple : trois victoires, vous êtes qualifiés ; trois défaites, vous êtes éliminés.

La première phase de groupe voit entrer en scène des équipes moins fortes qui vont s’affronter pour obtenir un ticket pour la deuxième phase de groupe dans laquelle les attendent parmi les plus grandes équipes du monde. À compter Team Vitality et Team Falcons parmi les grands absents.

Les joueurs jouent de chez eux pour les phases de groupe mais joueront en studio lors des finales qui se dérouleront à Stockholm, en Suède, du 6 au 10 mars prochains.

Visuel Officiel de l'ESL Pro League
Logo Officiel de l’ESL Pro League

Le Counter Strike Nord-Américain n’y arrive pas

Lors de cette première phase de groupe, ce ne sont pas moins de 16 équipes qui se sont affrontées. Parmi elles, nous avons retrouvé les Français de 3DMAX, les Brésiliens de Legacy mais également et surtout trois équipes nord-américaines que sont NRG, M80 et Team Liquid.

À l’issue de cette première phase de groupes, aucune de ces dernières n’est parvenue à quitter la phase de groupes.
NRG s’est effondré en trois défaites pour zéro victoire en perdant contre Heroic, Monte et enfin NIP.
M80 a été éliminé avec trois défaites pour une seule victoire face à NIP. Ils auront finalement été éliminés par Team Liquid dans un match fratricide car les deux équipes n’étaient qu’à une défaite de se faire éliminer.
Team Liquid n’ira malheureusement guère plus loin dans cette Pro League puisqu’elle perdra son match de la dernière chance contre 3DMAX dans un match crève-cœur dans lequel ils n’ont tout simplement pas existé.

Mais quel est le problème avec l’Amérique du Nord ?

À l’heure d’aujourd’hui, le continent nord-américain a un problème plus profond que seulement ne pas performer à l’international. Certains pourront élever la critique en disant que les équipes NA ne sont pas compétitives, même face à des équipes sur le papier bien moins fortes.
La situation est telle que pour rester au niveau, les équipes sont contraintes d’importer le talent international. Team Liquid, par exemple, ne comporte que deux joueurs nord-américains, EliGE et NAF.

Line Up actuelle de Team Liquid
Line up de Team Liquid à datée du Mars 2026

Mais quel est le problème alors ? Comment se fait-il que l’Amérique du Nord plonge mois après mois dans les tréfonds du Counter-Strike compétitif ?

En réalité, il s’agit d’un enchaînement de facteurs qui ont fait que la scène s’est effondrée sur elle-même. Si vous étiez présent entre 2014 et 2020, la scène CS aux États-Unis notamment était parmi les plus actives au monde. De nombreuses organisations étaient présentes, beaucoup de tournois online et offline sont apparus et les créateurs de contenu comptaient parmi les plus gros noms de la scène, tels que Shroud ou encore Tarik.
Parmi les équipes nord-américaines de l’époque, nous retrouvions des noms prestigieux tels que Evil Geniuses, Optic Gaming, Complexity ou encore Cloud9. Aujourd’hui le constat est simple mais néanmoins dramatique : la situation est complètement inversée.

Annonce du retrait d’Evil Geniuses de Counter Strike

Si nous prenons uniquement le point des organisations qui se retirent de la scène, cela implique beaucoup de choses.
Tout d’abord, moins d’organisation signifie moins de cadre pour les joueurs et futures joueuses. Qui dit moins de cadre à domicile dit forcément une fuite des talents en quête d’un cadre dans lequel jouer et se développer.

Le manque d’équipe entraîne également l’arrêt de tournois historiques de la scène. Peu importe le jeu, un tournoi a besoin de participants pour subsister. L’entrée d’argent liée aux inscriptions des équipes permet de financer l’existence même des tournois, surtout des plus petits.

Le retrait d’organisation implique également le retrait de sponsor. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’expliquer à quel point les sponsors sont importants dans l’eSport.

En clair, la scène nord-américaine de Counter Strike n’a pas su se pérenniser dans le temps. Au fil des années, ce qui a fait la force de la scène a fini par partir et il n’y a eu personne pour prendre la relève. Si je reprends mes exemples de Liquid, M80 et NRG, toutes trois comportent des joueurs internationaux. Ce qui pose également la question du développement des talents locaux.
Ajouter en plus la quantité d’histoires sombres et de dramas qui freinent plus qu’autre chose la motivation de nouveaux acteurs de franchir le pas et vous obtenez une scène régionale à la traîne en comparaison avec le reste du monde.

Une qualification au major remise en doute?

Du 18 au 21 juin prochain se déroulera le premier major de 2026, dans la mythique cathédrale de Counter-Strike, la Lanxess Arena de Cologne. Les IEM Cologne font partie du cercle très fermé des tournois incontournables d’une année de Counter-Strike aux côtés des IEM Krakow (anciennement Katowice) ainsi que des deux tournois majeurs. Pour la première fois en 10 ans, les IEM Cologne seront le premier Major de l’année!

Visuel non officiel réalisé par Carn0ult mettant en avant le major de Cologne
Trophée du tournoi majeur des IEM Cologne 2026

Obtenir une participation au major veut dire énormément de choses. Si pour une top équipe mondiale, c’est presque obligatoire d’y aller, pour une équipe du Tier 2 voire Tier 3, c’est la consécration d’une saison réussie. Être qualifié au major signifie également obtenir un bonus financier très important en rapport à la vente de stickers dans le jeu. Cela dépend bien évidemment des joueurs et des équipes, mais nous pouvons parler de plusieurs centaines de milliers, si ce ne sont des millions d’euros dans certains cas.

Justement, pour se qualifier au Major, il faut avoir suffisamment de points VRS. Pour en obtenir, il vous faut gagner des matchs dans des tournois qui distribuent justement ces fameux points VRS. Le problème de Team Liquid aujourd’hui, c’est qu’ils risquent de ne pas avoir assez de points VRS pour pouvoir participer au Major. Ce qui, pour une équipe classée n° 15 HLTV, serait un vrai désastre.

Liquid après le Major de Shanghai
Team Liquid sur Counter Strike

Pour obtenir son ticket pour le major, il n’y a pas 30 solutions, il va falloir faire des tournois. Et des tournois, Team Liquid a prévu d’en faire. En effet, nous pourrons retrouver nos protagonistes tout d’abord à la Roman Imprium Cup 6, qui aura lieu du 12 au 15 mars au Portugal. Ensuite, ils seront présents à la Draculan saison 6, qui est prévue du 29 mars au 2 avril, où l’on retrouvera des équipes telles que Fnatic, Ence ou encore FUT Esport. Directement après, ce sera direction Poitiers en France pour la Gamers Assembly, qui commencera le 4 avril pour finir le 6.

Malgré les inscriptions confirmées, le véritable rendez-vous pour Liquid va être les Blast Open Rotterdam, qui auront lieu du 18 au 29 mars. Ce sera lors de cet évènement qu’ils pourront confirmer leur chance d’aller au Major.

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