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Rebranding, retour sur Rocket League, EVA… Le CEO de Shifters était l’invité du 1v1 Parlons Esport

Alexandre Lopez, CEO de Shifters (anciennement BDS), explique les rpojets de sa structure suisse. Crédit : Antoine MASSON/Parlons Esport
BDS est devenu Shifters. La plus grande structure de Suisse a tout changé dans son identité. Mais au final, quels sont les projets de cette nouvelle équipe ? Son CEO nous en dévoile quelques-uns.

Alexandre Lopez, nouveau CEO de la structure suisse Shifters, était l’invité de l’émission de Parlons Esport du lundi 20 avril 2026 sur Twitch. En live, il est revenu sur le changement d’identité de son équipe (de BDS à Shifters), puis a mentionné les futurs projets de la structure. Voici l’échange résumé entre notre animateur Tonin et lui.

La rediffusion de l’émission :

Un besoin de changement et une identité choisie en interne

Alexandre Lopez : Oui et non, je ne vais pas mentir. Quand j’ai intégré le conseil d’administration et que j’ai été nommé directeur adjoint (fin 2021 ou début 2022), c’était suite à l’acquisition de la place en LEC.

J’ai fait partie des deux personnes qui ont rédigé tout le dossier LEC et élaboré la stratégie d’acquisition. Ensuite, il a fallu une restructuration de l’entreprise sur plein d’aspects et j’ai été choisi pour occuper le poste de CEO et de président du conseil d’administration.

C’est une suite logique dans un sens, car j’ai gravi tous les échelons, touché à tout et j’ai la confiance du board, du staff et des joueurs. De l’autre côté, ça me tombe un peu dessus parce qu’il y a des mauvais événements qui font qu’on doit prendre de grosses décisions. J’aurais préféré limite ne jamais être CEO, ne jamais avoir à prendre toutes les rênes, et que notre croissance continue simplement vers le top.

Alexandre Lopez : L’axe principal, c’est l’unité. Contrairement à ce que j’ai pu lire sur des médias ou des torchons, le rebranding a été fait en interne. Nous avons fait appel à une agence professionnelle, mais nous avons « matché » (comparé) les propositions de l’agence avec celles de nos employés.

Sur la base du volontariat, l’entièreté de nos employés a été invitée à proposer des noms, des idées, ce que l’on voulait garder ou enlever. Tout le monde a joué le jeu. Au final, c’est l’idée en interne de Tyrone qui a été décidée par l’entièreté de Shifters. Tout le monde se retrouvait dans cette proposition parce qu’elle correspondait à notre évolution et aux épreuves passées. Il était important de créer cette unité en interne avant même d’essayer de convaincre les réseaux sociaux, ce qui est compliqué quand tu n’as pas un influenceur « top tiers » qui porte ta marque.

Cela peut être un pari risqué de donner les clés, mais pour certains, cela fait six ans que l’on est ensemble. On est une équipe extrêmement soudée. Nous sommes même restés très proches de nos anciens joueurs BDS. Le travail abattu par les employés a été énorme, car la vie d’entreprise ne s’arrête pas pendant un rebranding, et nous avions en plus le changement de locaux et le déménagement. Il y a eu des désaccords, ce qui est logique, mais le résultat est que nous étions tous du même avis et nous en ressortons grandis.

Alexandre Lopez : Je trouve ça malheureux, bien que je le comprenne parfaitement, mais nous étions arrivés à un stade où nous étions limite harcelés pour changer de nom. C’était la chose à faire. Pour certains, ça a été un vrai vent de fraîcheur, d’autant plus que l’on sort la tête de l’eau avec nos nouveaux locaux, malgré les retards de travaux.

Partenaires, Esports Nations Cup et Esports World Cup

Alexandre Lopez : Étonnamment, cela s’est très bien passé auprès des marques, des médias et des éditeurs. Le point de non-retour était global, donc le changement était attendu.

Logitech l’a très bien reçu. La seule complexité, c’était les deadlines avec les éditeurs pour soumettre la marque, le logo ou le slogan à temps pour la création d’items in-game ou le début des compétitions. Mais un éditeur comme Ubisoft (pour R6) a été génial et parfaitement compréhensif pour essayer d’aménager un planning pour la sortie des skins.

Alexandre Lopez : En 2024, le top 8 du classement général a été invité pour faire partie du programme pilote saoudien en 2025. Mais cette année, nous n’avons pas été reconduits pour 2026, car de un, nous n’avons pas eu de résultats, et de deux, ils cherchent des clubs à forte audience, ce qui n’est actuellement pas notre cas. Cela n’empêchera pas qu’on essaiera de se qualifier.

Alexandre Lopez : Quand l’Arabie Saoudite a annoncé l’ENC, ils ont lancé des candidatures pour les National Team Partners (qui gèrent l’administratif, la logistique et le budget) et les National Team Managers (qui sélectionnent les coachs et les joueurs). Nous voulions prendre le sujet en main car nous sommes les plus expérimentés en Suisse et possédons le plus de ressources.

J’ai proposé à Marissa, la National Team Manager, de faire une candidature commune. Avec le soutien de la SESF (Fédération Suisse d’Esport), nous avons gagné l’appel d’offres. Marissa sélectionne les coachs et les joueurs. Nous, on met en place des aides : accès à notre staff tier 1 (LEC, RLCS) et à nos gaming houses à Berlin ou Genève pour des bootcamps.

L’ENC est le tremplin que l’on attendait pour lancer une première coalition dans l’e-sport suisse avec nos moyens.

EVA, la scène esport la plus proche du sport

Alexandre Lopez : C’est la scène esport qui nous a le plus intéressés depuis très longtemps. C’est le premier vrai tremplin de l’esport vers le sport. EVA connaît une croissance exceptionnelle et nous avons vu un vrai engouement lors des finales à la Paris Games Week.

L’écosystème est sain par rapport aux trois quarts des autres jeux. Le staff d’EVA est très compétent et a pondu une Pro League vraiment clean. Surtout, quand tu parles à des élus locaux ou des marques, ils ne comprennent pas toujours que l’Esport est un sport. Avec EVA, on est sur un jeu avec un véritable aspect physique. Voir un entraînement, c’est plus du sport que du jeu vidéo, ça demande de vraies conditions physiques.

Alexandre Lopez : Nous souhaitons nous imposer comme la meilleure équipe incontestable sur EVA, et nous établir sur le très long terme dans la Ligue. Nous voulons créer la même legacy que sur R6 ou Rocket League. Les joueurs sont des bons gars, méga délires, donc c’est cool.

Shifters de retour sur Rocket League ?

Alexandre Lopez : Si l’éditeur devient compétent… Je n’y crois malheureusement plus. Ils ont tué l’un des meilleurs produits de l’histoire de la scène Esport. Nous avions la volonté de créer un projet académique l’année dernière, piloté par Extra, et nous en étions satisfaits.

Mais les propositions de Psyonix pour rester sur leur jeu, c’est du « foutage de gueule ». Nous avons écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de Rocket League avec trois finales mondiales (dont deux titres), le titre à l’EWC, et le meilleur joueur de l’histoire : Monkey Moon. Je suis beaucoup trop amer envers le traitement de l’éditeur vis-à-vis des fans, des joueurs et des structures.

Nous aiderons l’équipe suisse pour l’ENC en mettant nos moyens à disposition, mais nous ne créerons pas une nouvelle équipe pro avec des budgets à un demi-million pour avoir « deux cacahuètes et un radis » de l’éditeur, non merci.

Alexandre Lopez : Avant tout, que nos joueurs et le staff se sentent épanouis chez nous. Même si on est dans une phase de transition et que les résultats ne sont pas ceux des cinq dernières années, la base de la réussite à long terme, c’est que les gens se sentent respectés et dans les meilleures conditions.

Alexandre Lopez : Déjà, merci à toi pour l’interview, pour l’opportunité et merci à l’équipe de Parlons Esport. Ensuite, bien sûr, merci à tous nos fans qui nous soutiennent depuis la nuit des temps et qui traversent toutes les tempêtes. Même si en ce moment, je sais que c’est un peu compliqué, on relèvera la tête, on a toujours réussi à remonter la pente, on le fera, donc merci beaucoup pour votre soutien et merci à toute l’équipe Shifters et toutes les personnes qui nous soutiennent.

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