Nikita « Derke » Sirmitev revient sur la défaite de Team Vitality face à FNATIC et évoque les difficultés rencontrées en VCT, notamment lorsqu’il affronte son ancienne équipe. Le joueur partage également son point de vue sur les changements annoncés pour l’avenir de la ligue en 2027.
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Interview avec Derke, joueur Valorant chez Team Vitality
Shelila : Salut Darke, merci de prendre un moment avec nous. Pour commencer… comment tu te sens après cette défaite ?
Darke : Franchement, c’est dur. Une défaite comme ça, ça fait toujours mal, mais c’est normal, ça arrive.
Shelila : On a vu beaucoup de Neon avec Judge ou Bucky. Selon toi, est‑ce Neon qui mérite un nerf, ou plutôt les shotguns ?
Darke : Non, il faut nerf les shotguns. Neon n’est pas le vrai problème. Elle a une précision presque parfaite en slide, ça pourrait être ajusté, mais si tu touches à ça, tu enlèves l’essence du personnage. Le vrai souci, c’est la portée et la facilité d’utilisation des shotguns. Tu donnes une Judge ou une Bucky à n’importe qui dans une bonne position, et ça fera le travail.
Ce qui rend Neon forte avec la Judge, c’est qu’elle peut se mettre dans ces positions grâce à son dash, ce que les autres agents ne peuvent pas faire. C’est pour ça qu’elle abuse plus de ces armes. Si tu nerfais davantage la Judge, beaucoup de ces situations n’arriveraient plus.
Shelila : Tu as joué Jett sur Breeze en solo duelist. C’était un pick confort ou le meilleur agent pour la map ?
Darke : On a testé plusieurs choses. Le problème, c’est qu’on n’a pas beaucoup travaillé Breeze pendant l’off‑season. On jouait une version “ancienne” de la map, puis il y a eu des nerfs et des changements, donc on a dû revoir beaucoup de choses. À chaque fois qu’on jouait Jett dessus, ça restait confortable et naturel, donc on est restés là‑dessus.
Shelila : Vitality n’a plus battu Fnatic depuis plus de trois ans. Qu’est‑ce qui a manqué aujourd’hui ?
Darke : L’énergie, les fondamentaux. On n’a pas pris les trades importants, même quand on avait les bonnes situations. Et pour être honnête, cette histoire de streak… c’est un peu du bullshit. Les équipes changent complètement. Le Vitality d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’il y a quatre ans : pas les mêmes joueurs, pas les mêmes coachs, même la direction n’est plus la même. Donc comparer les deux n’a pas vraiment de sens.
Shelila : Avec Chronicle et Boaster chez Fnatic, certains disent que Vitality est devenu “la deuxième équipe Fnatic”. Ça t’inspire quoi ?
Darke : Les gens peuvent faire des blagues, je m’en fiche. Au final, aucune des deux équipes ne gagne d’événements internationaux en ce moment, donc ça n’a pas d’importance. On se “chambre” dans une ligue régionale où, objectivement, le niveau est faible comparé aux autres régions. C’est presque drôle d’avoir des rivalités dans un environnement aussi bas niveau.
Shelila : Tu as vu les nouvelles règles pour 2027. En tant que joueur VCT depuis longtemps, tu trouves que l’Europe va dans la bonne direction ?
Darke : Oui, c’est une bonne direction. Ça ouvre la scène, ça donne plus de chances aux équipes et aux joueurs, et ça rend la compétition plus saine.
Le gros problème en Europe, c’était la fragmentation : VCL France, Espagne, Italie, Nord‑Est… avec parfois des restrictions absurdes, comme l’obligation d’avoir un certain nombre de joueurs locaux. Quand tu forces une équipe à recruter un joueur d’un pays juste pour remplir un quota, alors qu’il n’est pas au niveau, ça tire toute la ligue vers le bas.
Maintenant, le système est plus ouvert : le T2 peut affronter le T1, se qualifier, progresser. Ça ressemble plus à 2021, et pour moi c’est la meilleure direction possible pour l’esport.
Shelila : Beaucoup pensent que la ligue pourrait quitter Berlin. Si tu pouvais choisir une ville, ce serait laquelle ?
Darke : La Finlande, chez moi. Mais surtout… n’importe où sauf Berlin. La ville est horrible pour vivre. Quand je rentre en Finlande, j’ai l’impression de changer de planète. Même la production : tu regardes VCT China cinq minutes, puis VCT EMEA… c’est incomparable. Berlin est en retard sur tout : qualité de vie, logistique, matériel… tout est compliqué.
Shelila : Tu peux me donner au moins un point positif sur Berlin ?
Darke : Non. Peut‑être le döner kebab, mais c’est tout.
Shelila : Vitality est une structure française. Ton français, ça donne quoi ?
Darke : Très mauvais. Je n’ai pas étudié. Au bureau, il n’y a presque pas de Français, et je suis entouré d’Allemands, donc j’apprends plus de mots allemands que français. En français, je connais juste “merci”, et c’est tout.