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Vitality, Karmine Corp, Gentle Mates… L’UFCEP et les clubs français absents de l’Esports Nations Cup  ?  

Les clubs français membres de l'UFCEP : Vitality, Karmine Corp, Gentle Mates. Crédits : site Internet de l'UFCEP.
Ce jeudi 19 mars, les clubs français membres de l’UFCEP ont annoncé retirer leur candidature pour l’Esports Nations Cup 2026.

C’est un véritable coup de massue pour le monde de l’esport ! L’Union française des clubs esports professionnels (UFCEP), association qui fait office de syndicat pour tous les clubs francophones, a retiré sa candidature pour représenter la France à l’Esports Nations Cup (ENC). Dans leur communiqué de presse, l’UFCEP évoque des désaccords sur les modalités de sélection et la gouvernance du projet.

Pour rappel, l’ENC est un tout nouveau tournoi international organisé en Arabie saoudite du 2 au 29 novembre 2026 sur 16 jeux différents. Calquée sur le modèle des Jeux olympiques, cette compétition invite les pays à sélectionner leurs meilleurs joueurs pour créer leurs équipes nationales sur chaque jeu. Représentant tous les clubs français, l’UFCEP a logiquement voulu incarner ce projet et diriger la délégation française. Leur retrait semble donc catastrophique pour la scène esportive française – les meilleurs joueurs seraient privés de l’ENC ? On essaye de démêler le vrai du faux dans cet article.

Des conflits de longue date entre l’UFCEP et France Esports

Commençons par un peu de contexte. Comme Paul Arrivé l’a très bien expliqué pour L’Équipe, lorsque l’Arabie saoudite a lancé son appel à candidature pour créer des délégations pour l’Esports Nations Cup, une scission a eu lieu en France entre deux dossiers concurrents.

D’un côté, l’Union française des clubs esports professionnels, soutenue par Vitality, Karmine Corp, Gentle Mates, Solary, Shifters, etc. Le syndicat voulait gérer ce dossier seul pour avoir un contrôle total sur la gestion sportive – compétence maitresse de l’UFCEP puisqu’elle a directement accès à tous les meilleurs joueurs français. Pour le volet sponsoring et marketing, elle pouvait s’appuyer sur leur nouveau partenaire NEO. Ainsi, bénéficiant du soutien total des équipes et de la communauté, l’organisation se voyait déjà seule sélectionneuse nationale, capable de bâtir le meilleur projet sportif, « sans faire de politique ».

De l’autre côté, France Esports : une entité très impopulaire auprès des fans, mais soutenue par des acteurs très puissants (notamment le syndicat des éditeurs du jeu vidéo, SELL). Bon gré mal gré, France Esports est considérée comme l’interlocuteur privilégié du secteur auprès des institutions publiques, en dépit de sa mauvaise presse. Les fans reprochent principalement à l’association de ne pas représenter les acteurs centraux de l’esport : les clubs, les joueurs et les fans. Une rancœur que l’UFCEP partage et qui rend impossible toute candidature commune entre les deux géants de l’esport français.

Communiqué de l'UFCEP annonçant le retrait de leur candidature pour l'Esports Nation Cups. Sources : Capture d'écran sur le LinkedIn de l'UFCEP.
Communiqué de presse de l’UFCEP publié le 19 mars 2026. Capture d’écran réalisée sur LinkedIn.

Les deux dossiers présentaient chacun des inconvénients et des avantages stratégiques majeurs. Le choix était entre les mains du comité d’organisation de l’Esport World Cup Fondation (organisateur de l’ENC). Néanmoins, aucune décision officielle ne sera rendue, puisque l’UFCEP s’est retirée d’elle-même.

L’UFCEP retire sa candidature avant les délibérations !

Ce vendredi 19 mars, le syndicat des clubs professionnels a retiré sa candidature, laissant théoriquement la voie libre à France Esports – au grand désarroi de la communauté de fans. Dans leur communiqué, les membres de l’association évoquent des désaccords sur les « modalités de sélection et le cadre du projet », ainsi que des problèmes de « gouvernance qui ne correspondaient pas à la vision portée par les clubs professionnels ». De fait, Nicolas Maurer, CEO de Vitality, a indiqué que les conditions n’étaient pas réunies pour mener à bien le projet.

En l’état, il est assez difficile de lire entre les lignes de ce communiqué, peu généreux en information et en contexte. S’agit-il d’une action de boycott militant destinée à mettre la pression sur les instances décisionnaires ? Ou est-ce un réel échec et un désengagement total de l’union ? En réalité, aucun des deux. C’est ce qu’a expliqué Arthur Perticoz, secrétaire général de l’UFCEP, dans un live organisé dans la foulée de la publication du communiqué.

Lors de sa prise de parole, il a expliqué que l’UFCEP a catégoriquement refusé de s’associer avec France Esports pour l’organisation de l’ENC car les désaccords entre les deux entités étaient trop profonds. C’est cette impossibilité de fusion qui a précipité le retrait du syndicat. En effet, selon les informations communiquées par L’Equipe, l’organisateur saoudien avait poussé les deux candidats à trouver un terrain d’entente pour ce mercredi 18 mars, dernier délai. Sans accord entre les deux parties, la Fondation ne ferait aucun choix et sélectionnerait un troisième sélectionneur indépendant. Par conséquent, France Esports ne sera pas partenaire de l’ENC. Le gérant indépendant de l’Equipe de France sera donc nommé dans les prochains jours.

Avec ces nouvelles informations tout est plus clair : l’UFCEP s’est retiré en sachant pertinemment que leur candidature ne serait pas sélectionnée puisqu’aucun accord n’avait été trouvé. En revanche, Arthur Perticoz est resté assez évasif sur les désaccords profonds entre l’UFCEP et France Esports, mentionnant juste le fait que, pour le syndicat, « France Esports n’est pas la bonne structure pour incarner le futur de l’esport français ».

Pour achever son exercice de communication, le conseiller de la Karmine Corp a expliqué que l’UFCEP a préféré tirer un trait sur l’Esports Nations Cup pour se concentrer sur la restructuration complète de l’écosystème de l’esport français. « C’est un mal pour un bien ». Certes, cette occasion est ratée, mais l’union des clubs professionnels souhaite en profiter pour lancer des discussions sur le fonctionnement institutionnel du secteur de l’esport – elle espère faire table rase et recréer cet écosystème de toutes pièces. Faut-il s’attendre à la création d’une fédération française de l’esport dans les prochaines années ? La réponse prochainement.

Les joueurs français empêchés de participer à l’Esports Nations Cup ?

Les aficionados de l’esport craignent surtout que les meilleurs joueurs français ne puissent pas représenter leur nation lors de l’Esports Nations Cup. En effet, puisque les clubs membres – c’est-à-dire tous les clubs français – de l’UFCEP ont annoncé le retrait de leur candidature pour l’ENC, la question de la présence de leurs joueurs à l’évènement se pose. Une absence des meilleurs joueurs français serait catastrophique tant l’évènement est important pour le développement de l’esport, de sa légitimité et pour la reconnaissance des joueurs.

Mais, pas de panique. Le communiqué précise que « ce retrait n’implique en aucun cas un blocage des joueurs, dont la participation pourra naturellement s’envisager dans d’autres cadres ». Tout n’est pas très clair, mais il semblerait que Caliste, Vatira, ZywOo et toutes nos autres stars françaises puissent participer à cette compétition unique.

Arthur Perticoz a rassuré les fans. Il affirme que, malgré le retrait de l’UFCEP, des partenariats seront noués avec les équipes françaises et que la France pourra participer à l’Esports Nations Cup. Un sélectionneur indépendant sera nommé prochainement et les tournois seront diffusés. Plus de peur que de mal donc, même si des rebondissements peuvent advenir. Affaire à suivre.

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