Installé à Tours depuis le début de l’année, le support coréen revient sur la qualification pour la phase qualificative de l’EWC et sur la construction d’un groupe soudé. Il évoque l’héritage laissé par Maynter dans sa vision du leadership, son regard lucide sur le niveau LEC, et l’état des forces des équipes qu’il affronte désormais en scrim. Après une victoire aux EMEA, Piero adopte un discours posé, sans excès, porté par quelqu’un qui sait exactement où il en est et jusqu’où il peut aller.
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Interview avec Piero, Support de l’équipe Solary en LFL
YasGuarD :Tu as rejoint la LFL l’an dernier avec KCB, tu as remporté de nombreux titres, et maintenant tu es chez Solary avec deux LFL et deux EUM back-to-back. Comment tu vis ça ?
Piero : C’est génial, vraiment. Je suis très heureux de ce qu’on a accompli.
YasGuarD : Tu vois une grande différence entre le niveau LFL et le niveau européen ? Et par rapport à la Corée, où tu as joué ?
Piero : Quand j’étais en Corée, c’était il y a plus de trois ans, donc c’est difficile de comparer. Mais honnêtement, en Europe, je pense que la LFL est la meilleure ligue régionale. Et quand on va à l’EMEA Masters, ça reste plus accessible pour moi que la LFL au quotidien. Contre Galions, par exemple, ça s’est passé assez sereinement.
YasGuarD : Tu es passé de KC, une organisation avec une fanbase massive, à Solary, qui a aussi une énorme communauté. Comment tu vis ça au quotidien ?
Piero : À KC, je ne savais pas vraiment à quel point leur fanbase était grande au départ. J’ai été surpris. Que ce soit offline ou online, les fans sont toujours là, sur Twitter, en DM Instagram, à me soutenir. Chez Solary, c’est pareil. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de rester en LFL. J’aurais pu partir en Turquie, en Espagne ou ailleurs, mais j’aime la France et j’aime ce public. C’est simple.
YasGuarD : Et sur le plan personnel, tu aimes vivre en France ? L’an dernier à Paris, cette année à Tours.
Piero : Oui, vraiment. Les deux villes ont leurs points forts. Paris, c’est grand, les vues sont belles, mais il y a beaucoup de monde et la nuit ce n’est pas toujours tranquille, même s’il y a de bons restaurants coréens, ce qui comptait beaucoup pour moi. Tours, c’est plus calme, les gens sont gentils, c’est sûr la nuit. Pas de restaurant coréen, mais c’est reposant. J’aime les deux, pour des raisons différentes.
YasGuarD : Parlons de Solary. Depuis le début de l’année, l’équipe est très solide, très soudée. Comment tu décrirais l’identité du groupe, et quel a été ton rôle en tant que support pour faire fonctionner ce système ?
Piero : L’an dernier, avec Maynter chez KCB, on préparait beaucoup ensemble. Lui, c’était un vrai leader, pas seulement en jeu, mais aussi en dehors. Il gérait des choses comme les horaires de sommeil, l’alimentation. Il m’a vraiment inspiré. Cette année, j’ai essayé de faire pareil avec mes coéquipiers. Quand je vois quelque chose de bien en LEC ou en LCK, je le partage directement avec l’équipe. Zicssi et moi, on se parle beaucoup pour progresser ensemble. Et en jeu, on est très concentrés sur le tempo, surtout face aux équipes LEC qui se déplacent très vite sur la carte. C’est un point sur lequel on travaille vraiment.
YasGuarD : Cette cohésion que tu décris, elle est réelle entre vous cinq et le coaching staff ?
Piero : Oui. Je pense que tout part de l’attitude, et là on est tous sur la même longueur d’onde. Ça peut être intense par moments, émotionnel, mais l’équipe reste calme même dans les situations difficiles. On respecte les opinions de chacun. J’aime vraiment ce groupe.
YasGuarD : Il y a eu un moment précis où tu t’es dit « on peut tout gagner avec Solary » ?
Piero : Aux EMEA, je pense que c’est le match contre MISA qui a tout déclenché. On a fait un reverse sweep en demi-finale. Quand on a passé ça, j’ai senti que le momentum était avec nous. Et Galions, je les connais bien, c’est ma troisième finale contre eux. Je sais ce que Zoelys veut faire, les champions qu’il peut sortir, ses axes de jeu. Après MISA, la finale s’est passée assez naturellement.
YasGuarD : Justement, cette victoire à l’EMEA Masters vous qualifie pour les qualifications à l’eSports World Cup, avec la possibilité d’affronter des équipes LEC. Tu en penses quoi ? Tu évoquais la vitesse de déplacement, il y a d’autres différences ?
Piero : Surtout la phase de lane. Les petits détails sont punis beaucoup plus fort. Un mauvais placement, ils s’en rendent compte immédiatement et ils punissent. On bosse vraiment là-dessus en ce moment. Cela dit, en scrim contre G2 et KC notamment, ça commence à bien tourner. On a nos chances, peut-être pas immenses, mais je suis confiant.
YasGuarD : Vous affrontez GIANTX prochainement. Et est-ce qu’il y a une équipe LEC que tu aimerais particulièrement croiser dans ce tournoi ?
Piero : Mon scénario idéal, c’est que G2 et KC passent tous les deux, puis qu’on batte GIANTX, MKOI, et ensuite NaVi en chemin vers l’EWC. Je veux aller là-bas et finir dans le top 3. C’est l’objectif.
YasGuarD : Dernière question, vous êtes première tête de série, mais objectivement, tu ne penses pas que vous avez eu un tableau plus compliqué que Galions ?
Piero : Tu penses à notre premier match contre Vitality, alors que Galions avaient NaVi ? Honnêtement, c’est relativement similaire pour moi, à l’EWC, il faut de toute façon battre tout le monde. Mais là, Galions affrontent Shifters, qui sont clairement moins forts que GIANTX Donc oui, ils ont un peu de chance sur ce match. Mais je ne passe pas trop de temps à penser à Galions en ce moment.