Éliminée du Major, Team Vitality tourne déjà la page et regarde vers l’avenir. Si la déception est encore fraîche, Fabien « Neo » Devide, co-fondateur de la structure, sait que le rebond passera autant par l’équipe première que par l’académie qu’il a bâtie.
Au cœur de ce projet, un nom revient avec insistance : Katkame, jeune prodige de 16 ans, symbole d’une génération promise au très haut niveau. Alors que les abeilles se projettent désormais vers leur prochain grand rendez‑vous, l’Esports World Cup, Vitality avance avec la même ambition : rester au sommet tout en façonnant les talents de demain.
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Interview avec Neo, co-fondateur de Team Vitality
Kayzer : Merci de nous accorder quelques minutes. Première question : comment vas‑tu, 24 heures après le match ?
Neo : Honnêtement, c’est difficile. On a terminé le match vers 1h45, je me suis couché à 2h30, et malgré ça je me suis réveillé à 6h. J’ai regardé le plafond jusqu’à midi. Ce n’est pas pour faire dans le pathos, mais c’est la réalité : j’ai encore du mal à réaliser ce qui s’est passé. C’est le sport, ça fait partie de notre quotidien depuis des années, et il faut apprendre à composer avec.
Kayzer : Qu’est‑ce qui, selon toi, a manqué pour atteindre l’objectif du triplé, qui était clairement affiché ?
Neo : Beaucoup de choses… et en même temps pas tant que ça. Quand tu regardes nos matchs depuis le début du Major, tout est très serré. Même en jouant moins bien, on reste compétitifs. Hier encore : 13‑11, 13‑11, 13‑11. On sent qu’on joue mal, mais on est dans le match.
Je pense qu’on n’a jamais réussi à déclencher ce petit déclic qui, parfois, arrive pendant la préparation : une alchimie, un match référence, une étincelle qui te fait dire « OK, on est lancés ». On ne l’a jamais eue. La préparation n’était ni mauvaise ni excellente, juste moyenne… ce qui, en général, est plutôt bon signe.
Mais Falcons avait un plan de jeu très clair : nous mettre dans des situations difficiles à anticiper, nous faire douter. Ils ont parfaitement exécuté leur plan, et ça nous a fait mal. Ils ont été la meilleure équipe hier.

Kayzer : Il n’y avait pas de pression supplémentaire liée au fait de pouvoir égaler le record d’Astralis ?
Neo : Pas du tout. J’aime bien dire qu’on joue à Mario Kart contre notre propre fantôme : on joue contre notre meilleur score, pas contre celui des autres.
La comparaison avec Astralis existe, mais pour moi, on a déjà éteint le débat avec notre deuxième Intel Grand Slam. C’est notre manière à nous d’écrire l’histoire. Eux ont leur parcours unique, nous avons le nôtre. Peut‑être qu’un jour, on racontera une autre histoire avec un troisième Grand Slam.
Je n’ai pas senti de pression particulière. J’ai surtout senti qu’on avait du mal à se connecter entre nous, à entrer dans ce tournoi. Et on en sort sans avoir eu l’impression d’y être vraiment entrés.
Kayzer : Un mot sur la suite : les objectifs de l’équipe, et l’évolution de votre académie, notamment la jeune pépite française ?
Neo : Pour l’équipe première, il y a une vraie envie de rebondir. Ce sont des champions, et les champions ne restent pas sur un mauvais résultat. Là, ça fait deux quarts de finale perdus d’affilée, ce qui est inhabituel pour nous. On sait qu’on peut faire mieux, et qu’on reste l’une des équipes les plus redoutables de la saison. Notre première partie d’année a été exceptionnelle, avec un titre majeur. Beaucoup d’équipes rêveraient d’avoir une saison comme la nôtre.
Pour l’académie, j’appelle ça notre « année zéro ». On apprend, on teste, on fait des erreurs. On a des profils à très fort potentiel : Reqqen, lucaZ, et Katkame — qui est français. On pense vraiment que cette génération peut atteindre l’élite un jour. Mais il faut leur laisser du temps : Ulysse, par exemple, n’a que 16 ans. À cet âge‑là, il faut garder de la fraîcheur, un peu de naïveté.
Chez Vitality, c’est compliqué pour lui parce qu’il a un monstre devant lui : ZywOo, 26 ans. Mais si on arrive à l’amener vers la professionnalisation, ce sera déjà une réussite. Et s’il décroche un contrat pro, ce sera une victoire pour toute l’académie.
Où suivre la finale du Major des IEM Cologne 2026 ?
Vous pouvez suivre la finale en direct et en français sur la chaîne twitch de Croissant Strike. Retrouvez aussi les coulisses du Major sur notre compte Twitter ParlonsCS.