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Sacre d’entrée, implosion du roster, reconstruction… Retour sur la saison en dents de scie de Paris Gentle Mates

Paris Gentle Mates au Major IV à la Défense Arena. Crédit : Gentle Mates sur X.
Alors que les "Los Angeles Guerillas" étaient un souvenir que beaucoup de fans M8 voulaient oublier, le nouveau roster de "la luxueuse" a offert une saison plus que rebondissante à ses supporters.

Avec Gotaga aux commandes, Gentle Mates misait gros sur sa section Call Of Duty. Et alors que la première partie de saison des Paris M8 était historique, la suite de l’histoire s’est annoncée bien plus fluctuante pour l’équipe. Retour sur cette année de Call of Duty League aux résultats satisfaisants, mais irréguliers..

Gentle Mates annonce son nouveau roster aux couleurs de Paris

Exilé au Népal, Gotaga ne revenait qu’à une condition : que l’équipe Call of Duty renaisse sous un nouveau nom, « Paris Gentle Mates », effaçant ainsi la douloureuse saison des « Los Angeles Guérillas », pour repartir à la conquête des États-Unis.

Il n’aura fallu qu’un seul tournoi pour que Gotaga retrouve le sourire. En une unique compétition, GhostyNeptuneSib et Envoy ont réussi à inscrire leur nom aux côtés des plus grands du club, prouvant alors le potentiel de l’équipe avant même le début de la Call of Duty League.

C’est au Kaysan’s Showdown VIII que tout a commencé. Ce rendez-vous, devenu incontournable de la pré-saison Call of Duty, a réuni en LAN quatre équipes : Optic Texas, LA Thieves, Paris Gentle Mates et Faze Vegas, pour deux jours d’affrontements intenses. Un honneur pour Paris Gentle Mates qui venait de renaître après leur saison blanche de 6 victoires et 26 défaites.

À six jours du coup d’envoi de la CDL, la nouvelle formation remporte le tournoi en montrant une maturité impressionnante : une maîtrise quasi systématique du Hardpoint, une vraie capacité d’adaptation et un mental à toute épreuve. L’équipe est capable de renverser les rencontres, même dans l’adversité. Ce tournoi a confirmé ce que tout le monde pressentait : Paris Gentle Mates s’annonce comme une line-up solide, taillée pour viser les sommets de la scène internationale.

La couronne dès le premier Major

Et comme prévu, GhostyEnvoySib et Neptune rentrent très bien dans leur qualification pour le Major 1 en remportant 5 matchs sur 7. Ils se hissent en première position, leur assurant leur place en winner bracket du premier tournoi majeur de l’année.

Celui-ci est organisé par Optic Texas, équipe mythique de la scène Call of Duty, 20 ans d’existence sur la scène, plusieurs fois championne du monde et toujours présente au top niveau.

Paris Gentle Mates sur la scène du Major 1. Credit : Call of Duty League.

Le Major 1 commence bien pour nos quatre protagonistes avec une victoire face à Toronto KOI 3-1 et une victoire écrasante face aux Los Angeles Thieves 3-0, propulsant directement l’équipe en finale du winner bracket face à Optic Texas.

Malheureusement, les Paris Gentle Mates tombent sur bien plus forts qu’eux et s’inclinent lors d’un match à sens unique, 3-0. La structure française tombe alors dans le loser bracket, où ils affronteront Vegas Faze, une équipe déterminée à remonter tout le bracket et à se hisser en finale.

Après quatre cartes disputées et un score à égalité 2-2, Paris Gentle Mates se retrouve mené 5-2 sur la carte décisive. Mais alors que l’espoir était infime, Neptune fini par renverser totalement la rencontre grâce à deux clutchs ; un 1v3 puis un 1v2. Portée par l’exploit du joueur, l’équipe arrache la victoire 6-5 et se qualifie pour la finale face à Optic Texas.

Et pour sa revanche, Paris Gentle Mates démarre fort en remportant les deux premières cartes, avant qu’Optic Texas n’égalise et que le score bascule à 3-3 après plusieurs échanges. Enfin, sur l’ultime carte, M8 s’impose 6-4 et décroche son tout premier titre de Major.

Sib, Ghosty, Neptune, Envoy et les coachs avec la coupe du Major 1. Crédit : Call of Duty League sur X.

Une victoire remplissant de bonheur les joueurs, le staff et les fans. Mais sera-t-elle durable ? Ou seulement passagère…

Un méchant retour à la réalité

L’adrénaline de la première partie de la saison s’évapore assez brutalement. La fougue du Major 1 disparaît et laisse place à des difficultés.

Les qualifications pour le Major 2 ont été plus difficiles pour Paris Gentle Mates que pour le Major 1, avec un bilan de 4 victoires pour 7 défaites. Classés 10èmes, ils ont dû passer par un match de play-in. Une victoire leur assurerait une place au Major, mais une défaite les éliminerait.

Heureusement, la structure française parvient à remporter son premier match contre Carolina Royal Ravens (3-1), se qualifiant ainsi pour le bracket principal du Major. Ils ont ensuite battu Miami Heretics (3-1) avant de s’incliner face à Faze (3-0). Relégués en loser bracket, leur moral a semblé s’effondrer, et ils ont perdu leur match suivant contre Toronto KOI (3-1).

Assez similaire au Major 2, Paris Gentle Mates ne parvient pas à réagir pour ce troisième Major. L’équipe peine à se qualifier après avoir perdu son premier match de poule face à Boston Breach, mais réussit tout de même à intégrer le bracket du major. La réalité rattrape cependant vite l’équipe une fois sur place : elle s’incline 3-0 contre Falcons, arrache une victoire difficile contre Heretics (3-2), puis s’incline finalement face à Faze (3-1).

Tensions, bench et remplacement à seulement un mois du Major de Paris

D’après Gotaga pendant la « conférence de presse », l’hypothèse d’une implosion du roster avait été suggéré à l’annonce des joueurs : « Beaucoup de gens au début de la saison disaient que c’était un roster qui pouvait tout gagner et à tout moment imploser. Pour le coup, ils n’ont pas menti, ils ont fait les deux ».

En effet, des tensions sont nées durant le Major 3, impactant fortement la cohésion d’équipe et justifiant ainsi les mauvais résultats des deux derniers majors. Conséquence de ces tensions : les joueurs ne voulaient même plus jouer ensemble.

C’est dans ce contexte qu’Estreal est arrivé chez Paris Gentle Mates, remplaçant ainsi Envoy : une tentative de l’équipe pour baisser les tensions en son sein, notamment celle qu’il y avait entre Envoy et Neptune.

Finalement, c’est en public que les deux joueurs règlent leurs comptes. Un drama éclate sur X (ancien Twitter) entre Envoy et Neptune.

C’est donc dans un contexte tendu que Gentle Mates doit organiser le Major IV à Paris. Obligés de s’expliquer en conférence de presse, Gotaga et Brawks se veulent rassurant : « L’avenir est radieux. »

Pourquoi ? Parce que, malgré les tensions, les dramas et l’implosion du roster, une lueur d’espoir est venue tendre la main aux Paris Gentle Mates : JoeDeceives, un joueur de chez KOI, en tête de liste pour faire partie des MVP de l’année, ne souhaite pas reconduire avec son équipe. Une occasion à ne pas louper pour la structure française.

Pour rappel, au début de l’année, avant même que la saison ne commence et que le roster soit signé, il y avait eu une propagande sur X pour que Joe rejoigne Paris Gentle Mates. Malheureusement, il était en « prison » dans son ancienne équipe. Mais suite à une erreur d’inattention dans son contrat, il a pu s’échapper pour rejoindre la « luxueuse ».

Un tournoi historique à la maison

Ce n’est pas la première fois que Call of Duty s’invite dans les rues de la capitale. Elle a été l’hôte de l’ESWC 2015 et 2016 ainsi que du CWL Open 2017, des événements datant d’il y a 10 ans. La scène a bien changé depuis, notamment avec la création de la CDL.

Dès le début, le Major de Paris avait de grandes ambitions. La Défense Arena comme salle, accueillant 25 000 personnes pour l’événement, le spectacle, un vrai show, avec Christopher Agius en présentateur d’équipe. Le commentateur de la WWE a su mettre le feu à la scène, et au sens littéral du terme :

La Défense Arena de Paris lors du Major IV. Crédit : Call of Duty League.

Un autre symbole fort de cet événement : le trophée du Major IV de Paris :

Le trophée du Major IV de Paris. Crédit : Call of Duty League.

Toutefois, même à domicile, Paris Gentle Mates ne rentre pas très bien dans son tournoi avec une défaite cuisante et frustrante face à Faze sur un score de 3-1. Joe dira plus tard : « The only reason we lost was just to give you some more matches to play, to watch. »

Arrivés en loser bracket avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, Paris Gentle Mates doivent affronter une équipe bas de tableau : New York Cloud9. Pas de suspense, les joueurs de las tructure française l’emportent assez facilement 3-0. S’ensuit le match contre Miami Heretics.

Après un début de match équilibré (1-1), Heretics reprend l’avantage et place M8 au bord de l’élimination, à une carte d’une décevante 7/8e place. Sur la quatrième carte, Paris Gentle Mates comble un retard important pour l’emporter 250-227 et égaliser à 2-2.

Portée par son 5ème joueur : le public, l’équipe conclut la rencontre en s’imposant largement sur la dernière carte, en recherche et destruction (6-0).

Difficile d’arrêter une équipe lancée : Paris Gentle Mates s’impose sur les deux matchs suivants, 3-1 face à Minnesota G2 et 3-2 face à Vegas Faze. Cela leur permet de se qualifier pour le « Championship Sunday » et de finir au minimum Top 3 du major, une performance plus que satisfaisante pour une équipe qui joue ensemble depuis plusieurs dizaines de jours seulement.

Mais le manque d’entraînement collectif des Paris Gentle Mates finit par les rattraper et ils finissent malheureusement écrasés par Optic Texas, 3-0.

Malgré ces difficultés, l’équipe affiche un bilan positif à domicile avec une troisième place. Avec un roster compétitif, capable de s’imposer face à des équipes du haut de tableau comme Faze, ils arrivent en pleine forme à quelques semaines des « Champs » à Vegas.

Fin de la « Honeymoon », l’Esports World Cup à Paris

Et dans un tournoi mouvementé, les Paris Gentle Mates concluent leur saison CDL à la 4ème place aux Champions de Las Vegas. Mais la saison n’est pas terminée. Il reste un dernier trophée à aller chercher, à Paris : l’Esports World Cup.

Gentle Mates sur la scène de l’EWC 2026. Crédit : Call of Duty League.

Après une victoire nette contre OMiT (3-0) au début de son tournoi, Paris Gentle Mates s’effondre face à G2 Esports (0-3), avant de se reprendre lors du match décisif face à The Pit (3-1) pour arracher sa qualification pour les playoffs.

Et en quart de finale, l’adversaire n’est autre que Riyadh Falcons, déjà croisés quelques semaines plus tôt lors de l’élimination aux Champs. Une revanche s’annonce : 2 équipes, 8 joueurs, sept cartes et un vainqueur pour avancer en demi-finale.

Mais après avoir mené 3-1, Paris Gentle Mates s’effondre et voit Falcons égaliser puis reprendre l’avantage mental et mécanique dans ce BO7. Falcons enchaîne finalement les deux dernières cartes, éliminant la structure française de l’EWC.

C’est la fin de la « Honeymoon », un terme utilisé pour qualifier une équipe qui vient d’accueillir un nouveau joueur, et qui devient alors littéralement injouable. Mais ce boost n’est que passager, et son gong de fin a fini par sonner à l’EWC pour Gentle Mates.

L’équipe quitte donc le tournoi top 5-8, un résultat assez décevant qui laisse un goût amer pour la structure et les fans.

Quel bilan pour Paris M8 ?

Après une première année compliquée en CDL sous le nom de « Los Angeles Guerillas », il était temps pour la structure de rebondir.

La naissance de Paris Gentle Mates, associée aux performances réalisées cette saison, confirme cette évolution : l’équipe passe du Top 11 à au Top 4 mondial. Que ce soit le recrutement de début d’année ou les différents changements opérés en cours de saison, tout semble montrer un certain investissement de la structure dans la scène Call of Duty.

Ghosty, Sib, JoeDeceives et Estreal sur la scène, lors du Championship Sunday au Major IV de Paris. Crédit : M8 Zekyde/arthur_production.

Maintenant que l’année est officiellement terminée, le mercato est ouvert, et Paris Gentle Mates semble bien décidé à poursuivre son évolution dans la League, avec un mercato béton. Hydra, Scrap ou encore Simp, trois des plus gros joueurs de la ligue, seraient dans le viseur de M8, même si rien n’est encore confirmé.

Mais comme le dit Gotaga : « L’avenir est radieux ».

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