Sylvain « Veqaj » Pattyn s’est exprimé après la victoire 2‑1 de Fnatic face à Eternal Fire, un succès important pour lancer la suite de leur saison en VCT. Le Français revient sur son arrivée au sein du roster en remplacement de Chronicle, figure emblématique désormais partie chez Vitality, et partage ses premières sensations sur son intégration, son rôle de flex et l’adaptation nécessaire pour trouver sa place dans l’une des équipes les plus prestigieuses de la scène.
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Interview avec Veqaj, joueur Valorant chez Fnatic
Shelila : Votre début a été compliqué : pourquoi et comment éviter que ça se reproduire ?
Veqaj : Je pense qu’il nous aurait fallu un peu plus de plans, un peu plus d’outils sur les mid rounds etc. On savait que leur A fonctionnait très bien pour nous, et on a voulu un peu trop insister sur le B. Ça n’a pas marché : on aurait simplement dû rester sur le A. On était bien de ce côté‑là, et on aurait dû s’y tenir.
Shelila : Fnatic est expert en remontada. Comment l’équipe parvient-elle à maintenir cette réslience ?
Veqaj : On ne give up jamais. On essaie toujours de mettre toutes nos forces pour revenir et finir les games. Et je pense que l’expérience joue aussi : tout le monde autour de moi a beaucoup d’expérience, connaît très bien le jeu. Donc oui, c’est un mélange d’expérience et de mentalité “never give up”.
Shelila : Fnatic était favori mais le BO a été serré, vous attendiez ce niveau d’Eternal Fire ?
Veqaj : Oui, on savait qu’Eternal Fire tire énormément. On s’attendait à ce qu’ils cliquent comme ça. Mais pour nous, ça restait un match comme un autre. Il fallait juste jouer notre jeu, ne pas se mettre de pression parce que c’était Eternal Fire ou non.
Shelila : T’es-tu bien intégré à Fnatic ?
Veqaj : Très rapidement, en vrai. Ils ont de bonnes personnalités, ils sont gentils et très accueillants. Avant le kick‑off, on a eu un ou deux mois d’entraînement, et tout s’est fait super vite. C’était vraiment naturel : ami‑ami, et avec les plus âgés c’était un peu “tonton et neveu”. Zéro problème.
Shelila : Est-ce que tu t’es mis la pression en rejoignant Fnatic ?
Veqaj : Oui, un peu, durant le Kick-Off. Je ne voulais pas faire n’importe quoi, je voulais être au même niveau qu’eux. Forcément, tu te mets un peu de pression, mais il ne faut pas en mettre trop non plus. Quand tu joues, il faut juste cliquer et être dans le moment.
Shelila : Tu jouais Duelist en Challengers France, maintenant tu es passé Flex en VCT, comment ça se passe ?
Veqaj : Un rôle reste un rôle : parfois tu es agressif, parfois passif. Il faut de tout dans une équipe pour gagner : un sentinel, un duelist, un smoker, un initiateur… Et ce rôle‑là me plaît beaucoup. J’ai zéro regret.
Shelila : Comment t’es-tu adapté à ce rôle ? Prends-tu autant de plaisir à le jouer ?
Veqaj : C’est un peu compliqué mais franchement ça va. Ce n’est pas si compliqué. Il faut juste connaître les timings du fuel sur le wall up, de la toxine, etc. Sinon, c’est très chill, très calme.
Shelila : Tu es le seul français en VCT, tu le vis comment ?
Veqaj : J’ai cette fierté d’être le seul représentant français. J’aimerais prouver au monde que les français ont leur place en VCT et qu’il ne faut pas nous sous‑estimer.
Shelila : Qu’est‑ce qui te manque le plus en France ?
Veqaj : La nourriture, le temps, ma femme, mon chien… plein de choses. C’est surtout tout ce qui est extérieur : l’oxygène déjà, c’est tellement différent entre Berlin et la France. Mais la nourriture, c’est clairement le point le plus positif qui me manque.