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seven revient sur sa saison 2026 : « Cette année entière a été assez décevante pour moi »

seven, joueur chez PCIFIC Esports, pendant les Play-Ins des VCT EMEA Stage 2.
« Inconsciemment, nous avions cette pression » : seven revient sur l'impact psychologique d'une aussi longue série de défaites sur son équipe.

L’année est finie pour PCIFIC Esports et elle ne s’est pas conclue de manière joyeuse. En s’inclinant contre Joblife (2-1), l’équipe termine sur une série de 15 défaites, pour aucune victoire sur l’ensemble de la saison 2026 VCT EMEA (Valorant). Malgré de bonnes prestations sur certaines maps, poussant ses adversaires dans leurs derniers retranchements, l’équipe n’a jamais été capable de conclure ses matchs.

Au cours de cet entretien, Johann « seven » Hernandez revient sur cette année difficile et nous parle de tout ce que l’équipe a essayé de mettre en place pour décrocher ne serait-ce qu’une victoire, sans succès. Le joueur mexicain évoque également les changements auxquels il a été confronté au cours de cette année, ses difficultés mentales, mais aussi son propre rôle dans l’équipe et son arrivée en région EMEA.

Interview avec seven, joueur chez PCIFIC Esports

seven : Le fait que c’était mon dernier match me fait penser à tous les autres. Pas seulement le Stage 2, mais aussi le Stage 1, les Kickoff, tout ce parcours. Bien sûr, c’est triste, je suis déçu envers moi-même. Je pense réellement pouvoir faire bien mieux que ce que j’ai pu montrer. Cette année entière a été assez décevante pour moi, honnêtement finir en 0-15 défaites, c’est quelque chose.

Néanmoins, de mon avis, nous avons été bons dans plein de matchs. Nous avons été si proches de la victoire tellement de fois. Bien sûr, il y a eu des matchs où nous nous sommes fait écraser, où nous n’avons pas eu la chance de briller. Mais il y a aussi eu tellement d’opportunités de gagner, de finir nos matchs, sans jamais le faire vraiment. Quand je regarde tout ça, c’est assez décevant.

seven : J’ai l’impression que nous avons perdu le contrôle durant ce match. Nous ne l’avons même jamais eu sur Lotus. Notre attaque était correcte, nous avons plutôt bien joué, mais notre défense était en dessous. L’équipe adverse avait une très bonne lecture de notre jeu. Ils ont fait leurs devoirs comme on dit. Pour beaucoup de choses que nous faisions, ils semblaient bien préparés et nous n’avons pas pu reprendre le contrôle.

Ascent était notre choix de map. Nous étions très confiants dessus. C’est la map que nous avons le plus travaillé en amont. C’était une confrontation. C’est ce genre de match où tout devient si serré que chaque petit détail compte. Si certains rounds étaient allés dans notre sens, si nous nous n’étions pas fait éco, je pense que les choses auraient été bien différentes. Mais, globalement, nous devions être meilleurs qu’eux aujourd’hui. Joblife sont très bien retombés sur leurs pattes. J’ai beaucoup de respect pour eux.

seven : Le temps, c’est une chose évidente. Avec plus de temps, tout devient meilleur. Mais nous nous sommes mis dans une position où nous ne ressentions pas le besoin de toujours changer quelque chose mais plutôt de toujours avoir de l’avance sur les autres. Une chose qui arrive quand nous perdons autant de matchs à la suite est que beaucoup d’équipes, quand elles vous affrontent, deviennent très confiants. Ils commencent le match en se disant : « ils sont une équipe qui ne fait que perdre, ce ne sera pas un match difficile. » Et, quand ils ont cette mentalité, quand ils sont autant confiants, ils deviennent tout de suite bien meilleurs que ce qu’ils sont de base.

Nous étions alors souvent les underdogs, l’équipe qui devait s’améliorer pour battre les autres. Nous avions toujours l’impression de devoir changer les choses pour avoir cette avance, plus que ce que nous avions besoin. Avec plus de temps, bien sûr que les choses auraient été meilleures. Au final, il faut juste savoir être présent pendant les matchs.

seven : Je pense que, pour certains d’entre nous, il y a eu un réel impact à certains moments. Je n’en ai pas ressenti personnellement. Pour être honnête, nous avons eu beaucoup de soucis en interne, des soucis à fixer sur ce que les autres pouvaient dire. Personnellement, je ne vais pas dans un match en pensant « oh, nous sommes l’équipe qui a perdu tous ses matchs à la suite », je n’ai jamais vraiment eu cette pensée.

Peut-être que, inconsciemment, nous avions cette pression. Nous avions tous envie de gagner et ne jamais avoir ce sentiment de victoire peut possiblement mettre un coup au moral, même inconsciemment. Comme j’ai dit, nous avions toujours besoin d’avoir de l’avance sur les autres à cause de ça.

seven : Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. C’est une région différente et, pour moi, le Tier 1 et le Tier 2 ont des niveaux très similaires, comme on a pu le voir lors des Play-Ins. Le talent des joueurs, individuellement et en équipe, même les stratégies et les personnalités, tout est assez similaire.

La plus grande question que j’avais en tête était de passer d’Amérique du Nord à l’Europe. Je suis très familier avec la culture nord-américaine, j’ai été dans une équipe nord-américaine toute ma vie, j’habitais aux États-Unis depuis longtemps donc je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en arrivant. On peut dire que j’avais espoir de ne pas finir en 0-15.

Cependant, avec tout le temps passé ici, j’ai appris beaucoup de choses. Les cultures sont bien sûr très différentes et ça m’a pris un certain temps pour m’adapter. Je pense même ne pas être encore complètement adapté au style de la région pour être honnête. Par exemple, j’ai beaucoup d’opinions différentes avec certains coéquipiers et j’essaie toujours de travailler autour de ça. Je le vois comme une expérience : apprendre à être flexible et à communiquer avec l’équipe, sur n’importe quel sujet. J’ai vraiment beaucoup appris, rien qu’en parlant avec les autres.

seven : Honnêtement, c’est dur de jouer duelist. Je suis arrivé dans une méta où la composition double duelist est très forte. Il y a des maps où je joue solo duelist et cela requiert beaucoup de patience car il n’y a pas ce second trader, ce second duelist qui me suit. Alors c’est assez compliqué pour moi. Je préfère jouer flex, je pense que mes plus grandes forces ne se sont pas vraiment montrées quand je jouais duelist. Je suis cette personne qui prépare les autres plutôt que celui qu’on met en avant. Je suis plutôt celui qui aide beaucoup en mid round, qui donne des idées, qui aide à rendre le match fluide. J’ai l’impression que, quand je joue duelist, je ne suis pas encore capable de faire tout ça, du moins pas au niveau Tier 1. Mais je fais toujours de mon mieux, je travaille énormément et je fais en sorte d’être un bon duelist.

J’ai pu jouer duelist durant les dernières semaines donc j’ai une assez bonne vision sur tout ce qu’un duelist doit faire : son travail et le support dont il a besoin. Est-ce que je jouerais duelist à nouveau ? Bien sûr, je suis un joueur flex, et un bon. Si pour n’importe quelle raison nous avons besoin d’un duelist, je suis toujours celui qui prend la responsabilité même si ce n’est pas mon type d’agent principal. Je suis celui qui comble les manques, qui joue ce dont l’équipe a besoin.

seven : Je n’ai pas beaucoup de regrets, je dirais. J’ai vraiment mis beaucoup d’effort et de travail bien que les choses soient difficiles. Nous avons eu des moments dans l’année où les choses se sont montrées particulièrement compliquées et j’ai tout de même continué à jouer, à faire de mon mieux jusqu’au bout. Donc je n’ai pas vraiment de regret sur l’année, j’ai vraiment fait tout mon possible. J’ai été flexible avec mon équipe, j’ai toujours discuté, je n’ai jamais ignoré les choses.

J’ai fait beaucoup de sacrifices cette année. S’il y a une chose que je changerais, ce serait de ne pas avoir fait autant de sacrifices. Venir dans une région différente et ne pas être capable de voir ma famille : cela a eu un réel impact sur moi. Quand je parle de sacrifice, je parle de rester sur mes positions. Comme j’ai dit, je suis très flexible mais il y a eu des moments où je ne croyais pas en une idée et je ne me suis pas vraiment défendu. Je mentionne beaucoup le fait de parler à mes coéquipiers, je pense vraiment que c’est l’apprentissage principal que j’ai eu cette année. Apprendre à bien communiquer avec mes coéquipiers pas seulement dans le jeu mais aussi en dehors. Je pense avoir fait un plutôt bon travail mais j’aurais aimé faire mieux. Il y a eu beaucoup d’instants où j’étais assez déconnecté de mon équipe et j’aurais aimé être capable d’être sur la même longueur d’onde plus rapidement, plus efficacement.

Néanmoins, s’il y a une chose positive que je retiens de cette année c’est le temps que j’ai passé en Europe. Même si c’était assez court, j’ai beaucoup apprécié mon séjour à Berlin. C’était vraiment fun pour moi, j’habitais dans un endroit très agréable donc j’ai beaucoup aimé mon séjour ici.

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