Événement incontournable de la scène compétitive des jeux de combat, l’EVO a posé ses valises en France pour la deuxième fois de son histoire, du 9 au 11 octobre, au Palais des Expositions de Nice. Près de 4 000 joueurs venus du monde entier se sont affrontés sur huit jeux différents, sans qu’aucun Français ne parvienne à s’imposer à domicile. Sur 2XKO, le jeu de combat développé par Riot Games dans l’univers de League of Legends, Wawa a néanmoins atteint la neuvième place du tournoi, accompagné par RZA, son manager chez Gentle Mates.
Commentateur, organisateur de tournois et manager, RZA occupe une place importante dans le développement de la scène française des jeux de combat. Dans cette interview, il revient sur son expérience à l’EVO France et sur l’avenir de la communauté 2XKO. Il évoque également les ambitions de Gentle Mates, divisées entre l’arrivée potentielle de nouveaux joueurs sur des titres comme Tekken et Street Fighter 6 et les objectifs liés à l’Esports World Cup.
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Interview de RZA, commentateur et manager chez Gentle Mates
Clemclou : Comment s’est passé ton EVO France en tant que commentateur et manager ?
RZA : En tant que commentateur, ça s’est super bien passé. J’ai casté à peu près 18 heures. J’ai fait du Tōkon, du 2XKO et du Tekken majoritairement. En tant que manager, on a accompagné Wawa qui a fait son bracket sur le dernier EVO de 2XKO et qui a terminé à la neuvième place.
Clemclou : C’était le dernier tournoi sponsorisé par Riot. Toi, tu as été aussi organisateur, tu as beaucoup mis en avant le jeu avec une ligue, avec des tournois. Est-ce que tu comptes continuer à t’investir en tant qu’organisateur sur le jeu ?
RZA : Oui, bien évidemment. J’ai mon événement récurrent qui a lieu à Paris à l’Espot, le Galaxian Explosion. C’est l’endroit que j’appelle le QG ou la maison, et où la communauté vient jouer. Tant qu’il y a des joueurs, je ne retire pas le jeu. C’est aussi simple que ça, l’offre et la demande. Tant qu’il y a des mecs qui m’envoient des messages qui me disent « RZA, on veut jouer à 2XKO et on va venir à l’événement. » Moi, je mets le jeu. Donc on n’arrêtera pas. Le jour où on arrêtera 2XKO, à Paris du moins, c’est quand il n’y aura plus assez de joueurs.
Clemclou : Wawa a pas mal joué à MARVEL Tōkon et il avait été évoqué qu’il change de jeu pour Fatal Fury. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur ses projets ?
RZA : Ce qui s’est passé, c’est qu’on avait pris des prédispositions. On savait que le jeu de combat, c’est parfois un peu compliqué. On peut être amené à changer. Au cas où, si 2XKO ne marchait pas pour Wawa ou que le jeu ne marchait pas tout court, on avait bien évidemment prévu des rebonds. Sachant que Wawa a grandi avec les jeux SNK, notamment The King of Fighters, Street Fighter et autres. On va faire « un gros virage » sur Fatal Fury: City of the Wolves et en side event Street Fighter 6.
Clemclou : Tu as pour projet d’amener un joueur Tekken chez M8 ? Est-ce que cela va aboutir ?
RZA : Je ne sais pas si ça va aboutir. C’est pas moi qui sors l’argent. Je suis juste un petit manager de jeux de combat. Mais bien évidemment, le projet est de faire évoluer le crew d’année en année. La première année, on est venus avec Wawa et moi. Je pense qu’on a montré avec notre application que, déjà, on aimait la structure et qu’on pouvait apporter de la hype sur un jeu qui est pas forcément Tier 1.
Maintenant derrière, en tant que personne qui travaille dans le jeu de combat sur plusieurs scènes, j’aimerais avoir un joueur Tekken, possiblement même Street Fighter, pour avoir ma petite armada. On pourra essayer de chambouler un peu les codes et les autres équipes. Parce qu’on sait qu’en face, il y a Vitality qui a sept joueurs de jeux de combat et il y a BMS qui a quatre joueurs. Donc, j’aimerais bien aller les challenger et qu’on crée ces petites rivalités entre équipes françaises, avec plusieurs joueurs sur différents jeux.

Clemclou : L’EVO France a été annoncé à Paris. C’est un peu le centre des jeux de combat en France. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
RZA : Pour moi, ça représente un truc de fou parce que je suis de la région parisienne. Je suis pas parisien comme j’aime le dire, je suis des Yvelines, mais je suis de région parisienne. Nice, ça restait quand même un beau voyage à faire pour l’EVO, mais l’EVO à Paris, pour moi, c’est la folie. Je pense qu’il ne faudrait pas qu’on vienne armé de couteaux. Ça veut dire qu’on a Wawa qui va faire le maximum et une préparation de ouf. On sait qu’il y a sept à huit jeux dans les main games.
Je pense que c’est vraiment le moment de recruter, d’accompagner les joueurs toute l’année et de préparer trois joueurs solides sur trois jeux différents à l’EVO France, à Paris, pour pouvoir remporter les titres à domicile.
Clemclou : Est-ce qu’il y aurait aussi pour projet de participer à l’EWC ?
RZA : Les deux projets sont mixés forcément. Quand j’ai commencé à évoquer le fait d’avoir d’autres joueurs dans la structure possiblement, on sait que le gros focus actuellement chez nous, c’est l’EWC. On nous demande aussi des joueurs qui sont capables de remporter des points à l’EWC. On va dire que le projet est mixte et mélangé et ce ne serait pas qu’essayer d’avoir des joueurs pour l’EVO.
Clemclou : Il y a des idées de joueurs qui vous sont déjà venues ?
RZA : Je ne peux pas en parler bien évidemment. J’ai envie de dire restez concentrés sur les réseaux sociaux. Peut-être que vous arriverez à décoder des choses dans mes tweets.
Clemclou : En plus de l’EVO à Paris, ils avaient aussi annoncé une multiplication des EVO dans plusieurs continents. Que penses-tu de ces différents EVO ?
RZA : Deux choses. D’un côté, c’est bien pour certains pays où vraiment c’est archi compliqué d’avoir des visas ou d’avoir tout simplement même les fonds pour aller jouer l’EVO aux États-Unis.
De l’autre côté, ce qui est un peu moins bien, c’est qu‘il ne faut pas que ça invisibilise les autres événements locaux. Par exemple, il y a MARVEL Tōkon qui vient de sortir. Et le Pro Tour, ces qualificatifs, c’est l’EVO France et l’EVO Singapour, deux événements sur quatre. C’est un peu compliqué pour les événements communautaires et locaux. Mais de l’autre côté, on aura l’EVO China, l’EVO Maroc qui vont amener des joueurs internationaux et des joueurs locaux à voyager. Donc il y a un peu de bon, il y a un peu de moins bon, mais dans tous les cas, on fera notre possible pour être présent au maximum d’EVO.