Kimmie « Kicks » Laasner retrouve sa place en VCT EMEA. Arrivé chez Team Liquid en début de saison pour remplacer temporairement Wayne lors du Kickoff, l’Estonien avait ensuite retrouvé l’équipe académique de la structure. Quelque mois plus tard, le voilà dans l’équipe première où il s’adapte à son nouveau rôle. Initiateur, Kicks évolue désormais sur un rôle plus flex, notamment sur les smokes.
Face à Fnatic, Team Liquid signe une victoire nette (2-0), s’imposant 13-6 sur Summit, la nouvelle carte, et 13-5 sur Lotus. Un score sévère pour Fnatic, qui restait sur deux matchs remportés dans ce Stage 2. Après la rencontre, Kicks revient sur la préparation de Liquid, son adaptation à son nouveau rôle, mais aussi son parcours récent, entre son passage chez Team Vitality, son retour à l’Académie et le plaisir retrouvé de jouer au plus haut niveau.
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Interview avec Kicks, joueur estonien chez Team Liquid
Cyrielle : Selon toi, qu’est-ce qui a rendu le match de Fnatic sur Summit si lisible ? As-tu eu l’impression qu’ils avaient changé quelque chose depuis mercredi, après avoir analysé la carte ?
Kicks : Je ne sais pas s’ils ont beaucoup changé leur stratégie. On avait préparé quelques contre-stratégies pour eux, parce qu’on était plutôt sûrs de choisir cette carte. Je ne sais pas s’ils ont beaucoup changé. Ils n’ont pas eu beaucoup de temps pour se préparer à ce match, pour mettre au point de nouvelles stratégies, je ne suis même pas sûr qu’ils se soient entraînés. Ils n’ont eu qu’une seule journée, je crois, entre les deux matchs. Donc, je ne sais pas s’ils se sont même entraînés ou s’ils se sont juste reposés.
Et ça nous a clairement aidés dans notre préparation. Je pense que c’est un avantage dont on a su tirer parti. Mais à part ça, il n’y avait pas grand-chose d’autre. C’est juste qu’on est tous très à l’aise sur cette carte. On la maîtrise plutôt bien pour l’instant. Donc, ouais, on ressentait juste une bonne ambiance, pour être honnête.
Cyrielle : La dernière fois que tu as joué sur Lotus, ça ne compte pas vraiment puisque Lohan, le coach, était remplaçant, mais à ton avis, qu’est-ce qui a mieux fonctionné pour toi aujourd’hui ?
Kicks : Je pense que le plus important, c’était d’être plus en confiance, mais simplement à l’aise avec ce qu’on faisait.
On a changé de composition, et bien sûr, Nats est de retour maintenant, mais je crois qu’on a fait deux entraînements avec la nouvelle composition. Donc, ce n’était certainement pas une question de meilleure préparation stratégique, le fait d’être tellement bien rodés sur la carte qu’on sache exactement comment réagir à chaque fois. C’était plutôt : si on doit se battre, on se bat ensemble. Si on doit faire quelque chose, on doit le faire ensemble. Et on avait l’impression que Fnatic n’était pas très confiant dans sa façon de jouer.
Par exemple, on a fait ce push en C. On l’a fait peut-être quatre fois, et on avait l’impression qu’à chaque fois, on pouvait le faire avec de bonnes chances de remporter le round, si on le voulait. C’est quand même assez rare de refaire le même round trois fois d’affilée tout en restant confiant. « Ça va encore marcher, pas vrai ? comme d’habitude ? ». On l’a fait trois fois. Ils savent ce qu’on fait. Ils ont vu exactement comment on s’y prend. Ça ne va pas marcher. Et on le refait, et ça marche encore. Donc, je pense que c’était juste nous qui avions le contrôle du match et qui les mettions vraiment dans l’inconfort.
Cyrielle : On dirait aussi que tu te rapproches davantage du rôle de smoker, alors qu’avant, tu étais plutôt initiateur. Est-ce que tu as décidé de faire ce changement ? Et comment se passe ton adaptation à ce rôle ?
Kicks : J’apprends encore. Je l’ai joué chez Vitality l’année dernière, et maintenant je le joue ici aussi. Mais malheureusement, je pense que c’est juste comme ça que le jeu fonctionne en ce moment. Il n’y a pas vraiment de place pour un double initiateur dans la méta.
Et bien sûr, j’ai un peu joué Sova et Fade, les initiateurs à reconnaissance. Mais je pense que mon meilleur rôle est, celui de deuxième initiateur ou de rôle flex, que ce soit en jouant Skye, KAY/O, Breach, ou en jouant Omen de manière flexible sur une ou deux cartes.

Je pense que c’était, le rôle dans lequel je me sentais le plus à l’aise, mais il est vraiment hors méta en ce moment. Et ce n’est pas non plus ce qu’on cherche à jouer actuellement. Du coup, je pense que je suis plutôt obligé de jouer les smokes. Il y a aussi tellement de joueurs initiateurs, comme cette double composition d’initiateurs qui était dans la méta. Quand on passe de deux initiateurs à un seul, il y en a tellement que je ne pense pas qu’il y ait de place pour moi dans ce rôle. Parce qu’il y a déjà, par exemple, Trexx dans mon équipe.
Il n’y a aucun monde où je jouerais Sova ou Fade quand Trexx est dans l’équipe. Donc, c’est juste comme ça que fonctionne la méta, mais je me sens de plus en plus à l’aise dans ce rôle. Avec le temps, ça va aller de mieux en mieux et je dois m’adapter.
Cyrielle : Tu faisais partie de l’Académie de Team Liquid en début d’année et tu es désormais de retour en Tier 1 dans le même rôle. Même si tu n’as disputé qu’un seul match lors du coup d’envoi, comment ça se passe pour toi et qu’est-ce que ça fait d’être de retour sur scène aux côtés de joueurs expérimentés ?
Kicks : Je pense que je me sens vraiment heureux. C’est le plus grand changement pour moi par rapport, par exemple, à ce que je ressentais peut-être à la fin de mon passage chez Vitality. On traversait une période difficile. Il y avait eu beaucoup de changements. Je ne me sentais pas vraiment heureux ni à l’aise en jouant. On avait beaucoup de mal. Et on essayait sans cesse d’arranger les choses. Mais on avait l’impression de ne pas trouver la solution.
Mentalement, je voulais prendre un peu de recul et ne plus me sentir aussi stressé. Et je pense que l’équipe Académie m’a beaucoup aidé dans ce sens. Évidemment, ça aurait été mieux de jouer en Tier 1 toute l’année, mais c’est comme ça. Je ne pense pas non plus que j’étais au meilleur de ma forme sur le plan individuel. Et au sein de l’Académie, j’ai de nouveau joué avec des gars plus jeunes qui n’avaient pas encore cette expérience du Tier 1. Ça m’a un peu rappelé comment j’étais juste avant d’intégrer le Tier 1. Cette soif de gagner chaque match, chaque manche, comme si tout était vraiment important, tout en s’amusant tout le temps. Je pense que ça m’a donné encore plus envie de me battre, de retrouver cette motivation pour la compétition.
Et maintenant que je suis de retour, j’ai l’impression de revivre ma toute première fois, comme lorsque j’ai rejoint Vitality : je suis heureux de jouer. L’ambiance est vraiment bonne. Il y a beaucoup de bonnes ondes. Tout le monde est génial dans le jeu, et encore mieux en dehors. Je m’amuse beaucoup à discuter avec tout le monde. Donc, pour être honnête, je suis vraiment heureux d’être de retour.
Cyrielle : À ce propos, tu en as déjà un peu parlé, mais si tu devais dresser un bilan de ta saison 2026 en évoquant tes regrets, mais aussi les points positifs que tu en as tirés, que dirais-tu ?
Kicks : Honnêtement, je ne sais pas si j’ai des regrets, parce que, comme je l’ai dit, avec l’Académie, je venais juste de me remettre dans le bain. Et je ne pense pas avoir de regrets concernant cette période.
Ce que je peux dire, c’est que ce qui m’a plu jusqu’à présent, c’est justement, cette envie de rejouer, le plaisir de jouer et cette soif de compétition. Pour être honnête, j’avais oublié ce que ça faisait d’affronter les meilleurs et la satisfaction qu’on ressent après avoir remporté un match en Tier 1, quand on joue contre les meilleurs joueurs de la région. Et de gagner, ou même de perdre, c’est juste cette sensation sur le moment. C’est quelque chose que, bien sûr, on avait aussi des matchs importants avec l’Académie, mais ce n’est pas pareil, n’est-ce pas ? En Tier 1, on joue pour se qualifier pour les compétitions internationales, on joue pour le trophée. Ce genre de choses, on ne les vit pas vraiment en Tier 2. Et j’avais oublié, à quel point c’était agréable de gagner, pour être honnête.