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Ambitions, rentabilité, futures scènes… Bertrand Amar dévoile les coulisses de N.E.O.

N.E.O, c'est le nouveau pari de Bertrand Amar et Matthieu Dallon. Une entreprise ayant pour ambition de devenir le promoteur esport numéro un en Europe.
N.E.O, c'est le nouveau pari de Bertrand Amar et Matthieu Dallon. Une entreprise ayant pour ambition de devenir le promoteur esport numéro un en Europe.

Alors que la pérennité économique de l’esport parait toujours incertaine, Bertrand Amar et Matthieu Dallon ont lancé leur nouvelle entreprise : New Esports Org. (N.E.O.), afin de rendre les circuits compétitifs rentables pour les éditeurs de jeux.

« Nouveau », c’est le mot que Bertrand Amar voulait mettre en avant à la création de sa société. « Nous cherchions un nom court et international et N.E.O. est apparu rapidement comme une évidence », explique le cofondateur, précisant aux fans de Vitality qu’il a « quand même prévenu avant Fabien Devide, le fondateur de la structure esport dont le pseudo est NEO ».

Adapter son accompagnement aux éditeurs

Le but de N.E.O. : accompagner les éditeurs de jeux dans la structuration de leurs circuits compétitifs — dont la plupart sont financés par les éditeurs eux-mêmes, à perte. Un soutien qui diffère selon la scène gérée : « On doit s’adapter au jeu, aux besoins de l’éditeur et à l’écosystème existant avant de créer une compétition. »

En effet, il n’y a pas de modèle universel. Toutefois, l’expérience des deux dirigeants de NewEsportsOrg. leur permet de « bien connaître les forces et faiblesses de chaque modèle ». Avant N.E.O., Bertrand Amar a cofondé l’agence Bang Bang Management et dirigé ensuite la division esport de Webedia pendant dix ans, créant notamment la Ligue Française de League Of Legends (LFL). Matthieu Dallon, lui, a fondé l’historique ESWC au début des années 2000 et gère aujourd’hui le fonds d’investissement Trust Esport.

Matthieu Dallon et Bertrand Amar, cofondateurs de NewEsportsOrg. Crédits : N.E.O
Matthieu Dallon (à gauche) et Bertrand Amar (à droite), cofondateurs de NewEsportsOrg. Crédits : N.E.O.

Pour adapter leur accompagnement, les deux cofondateurs prennent donc en compte de nombreux paramètres : « le bassin d’audience visé, la stabilité de l’écosystème et notamment le nombre de structures professionnelles engagées sur le jeu, le potentiel commercial car tous les jeux ne plaisent pas aux sponsors potentiels et enfin le niveau de soutien que l’éditeur peut apporter », décrit Bertrand Amar.

Car le plus important, c’est d’être « très confiants dans les hypothèses avancées » avant de se lancer. Pour le président de N.E.O., « surdimensionner un événement offline peut se révéler catastrophique pour l’image de la compétition si la salle est vide ».

Un soutien des États pour être plus rentable ?

Si la salle vide est bien ce que la nouvelle entreprise compte éviter aux éditeurs de jeux vidéo, pour rendre un évènement esportif rentable, « deux éléments sont importants ».

« Au-delà des points précédemment cités, les villes, métropoles, départements, régions et même pays doivent contribuer à l’accueil d’un événement. » L’organisation d’une compétition d’ampleur, peut en effet s’avérer fructueuse pour une ville, grâce au tourisme notamment. Ce genre d’impact économique, prouvé par une étude du Ministère des Sports lors de l’EVO France 2025, laisse donc envisager la possibilité d’un soutien des États dans l’organisation de ces événements.

Deuxième élément : la valorisation des droits de diffusion des compétitions, qui « va prendre de plus en plus de place à l’avenir. C’est l’un de nos axes stratégiques », révèle le cofondateur. Dans un communiqué publié le vendredi 13 mars, N.E.O. assure être en charge de la distribution des médias de la Première Coupe du Monde Esports des Nations (ENC – Esports Nation Cup) avec pour ambition de travailler avec un diffuseur de premier plan. Interrogé sur la possibilité de voir l’ENC diffusé sur les grandes chaines françaises, Bertrand Amar n’a pas souhaité nous donner de réponse.

« Notre ambition est de faire briller la scène féminine »

Aujourd’hui, N.E.O. a déjà plusieurs scènes en charge : l’EVA Pro League, les EMEA Masters et les Game Changers sur League Of Legends (LOL) ou encore l’EVO Nice.

« Chacune de ces compétitions a été un choix, mesuré et cohérent », détaille le président de la société. D’ailleurs, « aucune dentre elles n’est une compétition française, même si elles ont de très fortes audiences en France ou qu’elles s’y déroulent. » Une stratégie qui vise à « positionner N.E.O. comme un opérateur d’envergure européene. »

Parmi ces différentes scènes, une peine à gagner en popularité : les Game Changers de League Of Legends. Existant sur Valorant et League Of Legends, les Game Changers représentent les ligues compétitives inclusives pour les femmes et autres genres marginalisés de la communauté.

« Notre ambition est de faire briller la scène féminine et nous allons vraiment investir dans le circuit Game Changers », affirme Bertrand Amar, assurant vouloir « développer cette scène dans la durée pour offrir aux clubs et aux partenaires une perspective qui les motive à s’engager. Nous avons d’ailleurs d’autres projets sur l’esport féminin », précise le président sans en dire davantage.

Et ensuite ?

Côté ambitions, NewEsportsOrg. a déclaré vouloir être l’un des principaux promoteurs de l’esport dans les trois prochaines années. Pour se faire, l’entreprise a déjà plusieurs idées concernant la suite de son développement.

La scène principale que veut développer N.E.O. : League of Legends. « C’est notre jeu de cœur et nous sommes convaincus qu’il y a encore de belles perspectives de croissance dans les deux prochaines années, explique Bertrand Amar. Notamment par une refonte du jeu attendue pour 2027 et par de probables évolutions du circuit compétitif. Nous espérons jouer un rôle important dans l’avenir de LOL en Europe », conclut celui-ci.

Avec l’EVO Nice l’année dernière, l’arrivée de Neia sur la scène compétitive, jeune joueuse Tekken 8 qui a signé chez Vitality ou encore le titre de vice-champion du monde remporté par Kilzyou sur Street Fighter 6, les jeux de combat (FGC), qui ne cessent de prendre de l’ampleur, suscitent également l’intérêt de la structure. « Avec l’EVO nous contribuons au développement de cette scène en Europe et à sa structuration. Cela nous permet aussi d’être au contact des communautés et talents de chaque jeu mais aussi de leurs éditeurs. »

La scène de l'EVO Nice 2025, compétition aujourd'hui prise en charge par N.E.O. Crédit : Luc Bouchon.
Une des scènes de l’EVO Nice 2025, compétition aujourd’hui prise en charge par N.E.O. Crédit : Luc Bouchon.

L’avantage de cette scène ? Elle « évolue en permanence avec de nouveaux jeux (2XKO, Marvel Tokon, Avatar…) tout en appuyant sur des classiques comme Street Fighter ou Tekken. » Selon Bertrand Amar, cette singularité touche « une cible très large et plutôt mature, 50 % des visiteurs d’EVO France ont plus de 30 ans ».

Bien conscient de ses spécificités, le cofondateur de N.E.O. précise qu’il restera « toujours très agile et à l’écoute des tendances car un bon TO (Tournament Organizer) doit aussi être capable de sentir l’évolution du marché pour pouvoir se positionner tôt sur les nouveaux jeux ou genres ».

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