Cette affiche 100 % américaine promet un duel explosif entre deux structures qui ont marqué la scène internationale : d’un côté, un roster 100T en pleine montée en puissance, de l’autre, une équipe NRG habituée aux grands rendez‑vous et à la pression des finales.
Malgré une avance solide sur Haven et plusieurs séquences convaincantes sur Sunset, Nongshim RedForce n’a pas réussi à contenir la remontée de 100 Thieves et jouera demain la petite finale pour la troisième place. Dans cet entretien, Timothée « Timotino » Lavigne Dupont revient sur les ajustements tactiques, les difficultés rencontrées sur Lotus et Haven, et l’apprentissage accéléré qu’offre une scène internationale où les styles de jeu s’entrechoquent.
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Interview avec Timotino, joueur Valorant de l’équipe 100 Thieves
Cyrielle : C’était votre première fois sur Sunset depuis longtemps. Comment vous êtes‑vous senti sur cette carte aujourd’hui ?
Timotino : Sunset est une carte sur laquelle on n’a pas énormément travaillé. On joue une composition assez similaire à ce qu’on utilise ailleurs, avec des principes proches. On n’était pas particulièrement confiants, mais pas non plus inquiets. C’était plutôt : « OK, il faut jouer Sunset, on la prend comme elle vient, et on fait de notre mieux. » On savait que ce serait une carte à gérer plus qu’une carte où on impose notre style.
Cyrielle : Vous avez eu un début difficile en attaque, mais les choses se sont améliorées après le timeout. Peux‑tu partager ce qui a été dit, surtout que vous avez repris l’avantage ensuite ?
Timotino : Je ne me souviens pas exactement de tout ce qui a été dit, mais nos coachs utilisent surtout les timeouts pour nous remettre sur la même longueur d’onde. L’idée principale était de mieux contester leur attaque, parce que Nongshim est une équipe très directe dans son style. On l’a vu en défense : ils poussaient énormément le mid, avec des rounds très préétablis qu’ils répètent encore et encore.
Le timeout servait aussi à nous calmer : respirer, prendre notre temps, se recentrer mentalement. C’était autant tactique que mental.
Cyrielle : Qu’est‑ce qui a manqué sur votre side attaque de Lotus ?
Timotino : On a été trop prévisibles. On répétait les mêmes choses encore et encore. Ils avaient un très bon game plan, surtout autour du site A. On a eu plusieurs rounds où on terminait sur A et le site était vide… mais leur plan était justement de retake en surnombre. Ils étaient parfaitement préparés pour ça, et on n’a pas réussi à s’adapter assez vite. On a fini par répéter les mêmes approches sans trouver de solution.
Cyrielle : On a aussi senti que vous étiez un peu en difficulté sur Haven en attaque. Qu’est‑ce qui, selon toi, posait problème ?
Timotino : On a vraiment eu deux phases distinctes en attaque. Avant de perdre ce round d’éco, qui nous a fait très mal, on jouait un peu avec la peur, on faisait beaucoup d’erreurs. Mais paradoxalement, perdre cet éco nous a libérés. Au lieu de nous abattre, ça nous a enlevé toute pression : on venait de perdre un round crucial, donc autant jouer relâchés. On s’est dit : « C’est fait, c’est derrière nous. Profitons, jouons notre jeu. » Ça nous a réveillés.
Cyrielle : C’est votre premier événement international de l’année. Est‑ce que tu as l’impression d’avoir beaucoup appris sur toi en tant que joueur, en si peu de temps sur scène internationale ?
Timotino : Oui, énormément. Je découvre plein de styles de jeu différents. En NA, je suis habitué à des équipes comme G2 ou NRG, qui jouent très lentement. Ici, il y a des compositions très variées et des styles très agressifs, comme BBL Esports ou Nongshim. En NA, la seule équipe vraiment agressive que j’ai affrontée, c’était ENVY, mais ces équipes‑là jouent encore différemment. Donc j’apprends beaucoup en affrontant des joueurs et des styles que je ne vois jamais chez nous.
Cyrielle : Quelle est la qualité indispensable pour devenir joueur professionnel sur Valorant, et pourquoi ?
Timotino : La résilience. Dans les grands tournois, avec la pression, il y a toujours des rounds comme ceux qu’on a vécus sur Haven : des moments qui basculent, des erreurs qui coûtent cher. Si tu n’as pas la capacité de continuer d’avancer, de rester dans ton jeu malgré ça, tu ne peux pas gagner des tournois. Pour moi, la qualité numéro un, c’est la résilience.
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