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Jean Mariotte, fondateur d’EVA : de l’idée à la création d’une scène esport unique et rentable

Jean Mariotte, fondateur d'EVA, répond aux questions de Parlons Esport. Crédits : EVA
Jean Mariotte, fondateur de EVA, était en interview chez Parlons Esport pour parler de la création de sa franchise et de son développement.

L’Esports Virtual Arena ou EVA a passé un cap cette année avec l’arrivée de ses nouvelles ligues esportives : la Challenger League et la Pro League. Attirant les plus grandes structures d’Europe et réussissant même à réaliser une levée de fonds de 35 millions d’euros récemment, la franchise créée par Jean Mariotte est entrain de s’imposer comme LA scène à ne pas rater. Au micro de Parlons Esport, son fondateur dévoile les clés de ce succès.

« On veut jouer à Call of Duty sur un terrain de foot »

Créer ce jeu, « ça ne s’est pas fait en cinq minutes », déclare Jean Mariotte. Parce qu’au départ, avec la sortie des casques HTC Vive, la réalité virtuelle permettait de se déplacer dans un box de seulement 9m². Pas de quoi faire courir 10 personnes donc.

« On a vu l’évolution de la VR ensuite et on s’est dit que ça ne prenait pas. » Pour le CEO de EVA, la réalité virtuelle « n’était pas assez révolutionnaire pour donner envie de lâcher son PC ou sa console ». Ce qu’il manquait selon lui, c’est le déplacement libre : « On veut jouer à Call of Duty sur un terrain de foot. »

Seulement, une technologie capable de jouer en réalité virtuelle dans un espace aussi grand, « ça n’existait pas, il n’y avait ni jeu, ni technologie ».

Des arènes de 500 m² et une précision millimétrée

Pour la conception donc, il fallait commencer par la taille des arènes du jeu : « 500 m² c’était la taille qui nous semblait être le minimum pour vraiment avoir une expérience intéressante et compétitive, affirme le CEO de la franchise. Mais trouver 500 m² sans poteaux, c’est exceptionnellement dur en termes de recherche immobilière. »

Et au niveau technologique, il fallait surtout réussir à trouver un prototype capable d’être utilisé dix heures par jour et de garder une qualité de tracking très précise dans un grand espace. « Si tu ne fais pas ça, il y a des collisions. »

Et pour que ce suivi de la position du joueur dans la carte reste précis, EVA a « développé son équipement pendant très longtemps », jusqu’à trouver un moyen d’éviter le « drift de tracking » en réequilibrant et recalibrant les joueurs régulièrement. « Plus la distance parcourue par le joueur est grande, plus l’écart entre lui et sa position dans le jeu s’agrandissait, ce qui pouvait être dangereux. »

« Le CEO de Vitality n’y croyait pas »

Mais une scène esport, ça n’apparait pas non plus comme par magie à l’arrivée d’un nouveau jeu compétitif. D’ailleurs, EVA n’a pas convaincu les équipes dès le début : « Je me rappelle de Neo, le CEO de Vitality, qui me disait qu’il n’y croyait pas et qu’il n’aimait pas la réalité virtuelle », sourit Jean Mariotte.

« Alors ma stratégie en tant que fondateur, c’était de recruter la bonne personne pour créer un environnement esportif. Et la bonne personne pour faire ça c’est Yassine Jaada. » Si l’EVA Pro League est née et accueille des équipes du calibre de Vitality, Solary, G2 Esports, « c’est en grande partie grâce à lui ».

« On a commencé par faire des choses petites avec toujours la volonté d’avoir une production hyper qualitative de stream/cast. Et puis le nombre d’abonnés, de joueurs, a grossi et aujourd’hui on a 500 équipes en France qui font partie de l’écosystème esport. »

« Les équipes veulent créer leur propre salle EVA »

Aujourd’hui, le système EVA est devenu si intéressant, que « les équipes veulent créer leur propre salle EVA », explique le CEO de la franchise. En effet, une salle de ce genre, ça a un enjeu fort pour les performances, mais également pour « la diversification de revenus des structures ».

Car une salle EVA, « c’est rentable » et c’est aussi « indépendant de tes résultats sportifs ». Alors les structures esportives, pour qui avoir un budget annuel le plus indépendant possible des résultats est très importants, sont de plus en plus intéressées par la création de leur complexe.

EVA est encore jeune et doit se faire sa place auprès du public pour attirer de plus en plus de joueurs. Toutefois, Jean Mariotte a de nombreuses idées pour sa franchise. Par exemple, la mise en place d’un marché de skin comme sur Counter-Strike par exemple. « Pour l’instant, il n’y a pas assez de joueurs qui seraient clients de ça pour que ça ait un intérêt pour nous de développer cette fonctionnalité. Mais on y a pensé. »

35 millions d’€ pour étendre la franchise

Et pour le futur, la franchise qui a déjà trois jeux, prévoit d’aller encore plus loin. EVA a récemment réalisé une levée de fonds de 35 millions d’euros avec Raise Invest. Dans un écosystème aussi fragile que l’esport, lever autant d’argent relève d’une vraie réussite. « On a construit un truc avec le modèle de franchise, qui a une belle croissance, et qui est rentable. Alors on n’a pas une grosse rentabilité parce qu’on réinvestit mais c’est une rentabilité maîtrisée c’est ça qui rassure les investisseurs. »

Le but de cette levée de fonds ? « Développer un écosystème équivalent à la France dans d’autres pays, d’après Jean Mariotte. Il y a deux pays qu’on focus cette année : l’Allemagne Et l’Espagne. »

Et d’ici fin 2027, la franchise francilienne prévoit même de s’attaquer à un nouveau marché : « On aimerait attaquer un nouveau continent. Soit l’Asie, soit les États-Unis. »

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