Après avoir échangé avec son coach Vasilis « TheRock » Voltis, c’est au tour de Polat « Parus » Çiçek de répondre à nos questions. Le support turc de NAVI, porté par deux victoires importantes face à Movistar KOI puis SK Gaming, revient sur ce début de Spring Split du LEC, évoque son passage chez Shifters (anciennement BDS) et détaille les ambitions de la structure ukrainienne sur League of Legends.
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Interview avec Parus, support de l’équipe NAVI
StarrK : Belle victoire aujourd’hui, comment tu te sens ?
Parus : Ça va. C’était une série difficile. On n’a pas bien joué le macro, on n’a pas bien joué l’early, et presque toutes les games sont allées jusqu’aux 40 minutes. Peut‑être pas la première, mais ça restait compliqué.
StarrK : Et au niveau des drafts, comment tu les as ressenties ? Et plus précisément sur ce qu’a joué Wunder ?
Parus : Rien de surprenant. On savait instantanément que c’était du flex. Il joue ça en soloQ, et Wunder peut jouer absolument n’importe quel champion. Donc peu importe ce qu’ils lock, tu dois toujours te dire : “OK, Wunder peut flex ça.” Pour nous, rien d’étonnant.
StarrK : Il y a eu un moment où tu t’es dit que la game était gagnée ?
Parus : Oui, en game 2 et en game 3. On avait l’avantage, on avait un meilleur scaling, et même si on n’a pas stomp l’early, on avait suffisamment d’avance pour se dire : “On scale, on gagne.” Normalement, ils ne doivent jamais pouvoir revenir. Mais on a mal joué certains moments macro, on a manqué de respect, ils se regroupaient vite, arrivaient tôt sur les objectifs, et ils nous ont punis plusieurs fois. Mais sur la dernière game, quand on récupère trois kills bot avec Aphelios contre Janna/Yunara, je me suis dit : “OK, ils ne peuvent plus jouer. Aphelios doit juste dérouler.”
StarrK : Et individuellement, tu es satisfait de ta performance ?
Parus : La première game, c’était horrible. Vraiment mauvais. Je me suis fait catch deux fois, dont une sur un timing d’objectif super important : c’était le troisième drake. S’ils ne le prennent pas, ils n’ont plus de win condition. S’ils le prennent, ils peuvent snowball. Et je n’ai même pas utilisé mon flash, grosse erreur. Les games 2 et 3, par contre, j’ai joué correctement.
StarrK : Tu aurais changé quelque chose dans les games ?
Parus : En game 1, on n’a jamais trouvé d’angles pour attaquer alors qu’on avait une compo faite pour ça. Corki et moi, on est censés être des machines à poke et à zone avec nos ultis, mais on ne l’a pas fait. Et si tu ne joues pas ton plan, ils finissent par outscale. On n’a pas trouvé de solution, on n’a pas trouvé les angles. En game 2 et 3, on avait l’avantage et le scaling, donc pas grand‑chose à changer, même si en game 3 notre macro était encore mauvaise.
StarrK : Plus globalement, maintenant que tu es chez NAVI après ton année chez BDS en LEC, qu’est‑ce qui change dans ton quotidien, ta manière de travailler ?
Parus : Chez BDS, on perdait énormément de scrims, énormément d’officiels. Le mindset était mauvais, l’ambiance aussi. Joueurs, staff… il n’y avait pas de bonnes vibes. On n’était pas heureux. On l’a tous ressenti. Cette année, chez NAVI, c’est l’inverse : on gagne des scrims, les gens sont heureux au bureau. L’ambiance est bonne. Ça change tout.
StarrK : Tu te sens mieux dans cet environnement ?
Parus : Complètement. J’ai besoin d’être heureux, de rire avec mes coéquipiers, de parler, d’avoir des conversations spontanées. Chez BDS l’an dernier, il n’y avait aucune joie dans le bureau. Rien. Chez NAVI, c’est totalement différent.
StarrK : C’était pareil chez BDS Academy ?
Parus : Non, pas du tout. Chez BDSA, joueurs et staff, on était super proches. On rigolait tout le temps, on faisait plein de choses ensemble. On avait une vraie relation. Et on l’a gardée.
StarrK : Tu as regardé Skewmond jouer au First Stand ? Qu’as‑tu pensé de ton ancien coéquipier ?
Parus : Il est très fort en ce moment. Je le respecte énormément. On parle encore presque tous les jours dans le groupe BDSA. On est toujours très proches.
StarrK : Tu as hâte de jouer contre lui ?
Parus : Oui. Mais en général, tu attends surtout de jouer contre G2, en scrims comme en officiels, parce que c’est la meilleure équipe. Tu apprends le plus contre eux. Et en officiel, j’ai toujours été bon contre G2, donc j’ai envie de les affronter le plus vite possible.
StarrK : Quels sont les objectifs internes pour NAVI ce split ?
Parus : Améliorer notre gameplay, surtout la connexion jungle/mid/support. C’est la chose la plus importante dans League of Legends. Si cette connexion est bonne, tu gagnes énormément de games. On travaille là‑dessus tous les jours : où se connecter, comment jouer ensemble, comment se comprendre. C’est notre priorité.
StarrK : La connexion mid/support est plus difficile à cause de la langue, ou Poby parle bien anglais ?
Parus : Il parle bien anglais. Le problème, c’est qu’il ne demande pas assez. Ce n’est pas un joueur qui dit ce qu’il veut. Il ne veut pas te déranger, il ne veut pas te mettre dans une mauvaise situation. Certains joueurs sont comme ça. Donc tu dois aller vers eux, leur demander ce dont ils ont besoin. C’est ça qu’on travaille.
StarrK : Un mot pour les fans de NAVI ?
Parus : Merci pour votre soutien. On travaille très dur chaque jour. On progresse. Je pense qu’on a une vraie chance d’aller au MSI. À part G2, je ne vois personne vraiment au‑dessus. Tout le monde est prenable. KC et KOI l’ont montré. Personne ne joue parfaitement, sauf G2. Et nous, on progresse en officiel. La connexion dans l’équipe est bonne, et on ne va pas s’arrêter.
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