La victoire de NAVI face à Movistar KOI, l’une des structures impliquées dans l’organisation des roadshows aux côtés de Riot Games, a été l’occasion d’échanger avec Vasilis « TheRock7 » Voltis. Le coach grec, qui nous avait déjà accordé une interview lors du LEC Versus, revient sur un succès important contre l’un des favoris annoncés de ce Spring Split du LEC, et explique comment il a enfin réussi à prendre l’ascendant en draft après une saison dernière où l’équipe espagnole lui avait posé de sérieux problèmes. Il détaille également sa manière d’aborder chaque draft, l’évolution de son rôle au sein du roster et le poids stratégique qu’il assume désormais dans les décisions collectives.
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Interview de TheRock, coach de l’équipe NAVI en LEC
Quantum : Bonsoir, merci d’avoir accepté cette interview. Comment tu vas aujourd’hui ?
TheRock : Ça va, même si je suis complètement épuisé. On est arrivés ici le 9 mars, on bosse énormément depuis, donc je sens un peu la fatigue. C’est le début de saison, il faut retrouver du rythme, mais aujourd’hui m’a clairement vidé. On verra si je récupère un peu.
Quantum : Quel est ton ressenti sur la série d’aujourd’hui ?
TheRock : C’était difficile. La saison dernière, drafter contre eux était un cauchemar. Je l’ai dit plusieurs fois : je respecte énormément ce qu’ils font, et une partie de ma vision du projet vient de ce qu’ils avaient construit avec MAD Lions à l’époque. L’an dernier, j’avais tendance à choke contre eux. Aujourd’hui, j’étais beaucoup plus confiant dans mon plan, et je pense que ça s’est vu. J’ai passé énormément de temps à préparer cette série, et je pense que ça a clairement contribué à la victoire. J’en suis vraiment content.
Quantum : Comment as‑tu abordé la préparation, justement ?
TheRock : On a dû refaire un plan complet : champion pool, structure de jeu, mid‑game… Je voulais renforcer notre cadre de travail et pousser de nouvelles idées macro. On discute beaucoup : parfois les joueurs ne comprennent pas mes intentions, parfois c’est moi qui ne comprends pas les leurs. Mais on avance dans la bonne direction. Je les pousse énormément, surtout sur le mid‑game, et je travaille aussi beaucoup sur les drafts. Je veux explorer toutes les possibilités. Parfois je leur dis simplement : « On fait ça. Pas de questions. Suivez-moi. » Et ça fonctionne bien.
Quantum : Quelle importance donnes‑tu à la draft par rapport à l’exécution en jeu ?
TheRock : Pour moi, c’est du 50/50. Je fais environ 80 % du travail de draft, puis je demande des retours. Mais en jeu, surtout après les dix premières minutes, je prends énormément de place : c’était notre plus gros problème la saison dernière. Entre 10 et 20 minutes, je suis impliqué à 60–70 %. Le reste du temps, Goto gère davantage les reviews, et moi je travaille plus sur l’individuel. Mais au final, si tu n’exécutes pas, la draft ne sert à rien. Donc je dois gérer les deux.
Quantum : Qu’est‑ce que tu recherches dans une bonne draft dans la meta actuelle ?
TheRock : Ça dépend des équipes. Je ne vais pas révéler mes idées, mais si tu regardes le First Stand et ce que G2 a montré, tu comprends la direction générale de la meta. Moi, j’essaie de combiner meta et touches personnelles. Je veux surtout une identité claire : savoir si on joue proactif, si on reçoit, comment on structure la partie. C’est ce que je veux transmettre aux joueurs.
Quantum : Tu draftes plutôt autour du confort de tes joueurs ou des faiblesses adverses ?
TheRock : Les deux. Je commence par nos forces, puis j’exploite les faiblesses adverses. Mais pour l’instant, je mets un peu plus l’accent sur nous.
Quantum : Selon toi, quelle est la faiblesse de Movistar KOI ?
TheRock : C’est la première semaine, donc difficile à dire. Mais c’est une équipe qui excelle quand elle a des go buttons : Vi, Jarvan, Pantheon… Quand ils peuvent engager, ils sont monstrueux. Quand ils doivent jouer plus contrôle, plus patient, c’est moins naturel pour eux. C’est pour ça que j’ai retiré beaucoup de champions d’engage en game 3 : Elyoya est la clé de leur style. Il a fini sur Zac, il a bien joué, mais ce n’est pas la même chose que Vi.
Quantum : Qu’est‑ce qui a fait la différence dans cette série ?
TheRock : Le jungle a vraiment très bien joué. Les matchups jungle étaient cruciaux. Et les drafts aussi : c’est la première fois depuis longtemps que je suis satisfait de deux drafts sur trois. Donc je dirais jungle, top, et draft.
Quantum : Y a‑t‑il eu des moments clés où la partie aurait pu basculer ?
TheRock : Oui, plusieurs. En game 3, je m’attendais à ce qu’ils draftent complètement différemment. Je pensais qu’ils allaient nous empêcher d’avoir Vi, ou jouer Poppy, Maokai, Cassio… des picks qui m’inquiétaient vraiment. Ils ne l’ont pas fait, et honnêtement, j’étais soulagé.
Quantum : Comment décrirais‑tu l’identité de votre équipe aujourd’hui ?
TheRock : On essaie d’être plus flexibles. L’an dernier, on jouait énormément front‑to‑back. Maintenant, on ajoute de nouvelles pièces au puzzle, on explore d’autres styles. La série d’aujourd’hui en est un bon exemple : ce sont des drafts qu’on n’aurait jamais jouées la saison dernière. Mais j’ai encore besoin de plus d’outils pour « cuisiner » comme je veux. On avance doucement mais sûrement.
Quantum : Qu’attends‑tu de ce split ?
TheRock : Je veux qu’on atteigne le top 4. On a fini cinquième la saison dernière, mais ça ne garantit rien. Je veux qu’on progresse étape par étape, qu’on soit capables de jouer tous les styles selon l’adversaire. Top 4, c’est l’objectif.
Quantum : Qui est le joueur le plus difficile à drafter ?
TheRock : Probablement Poby. Il a beaucoup d’exigences. Je fais de mon mieux pour lui expliquer quand il se trompe sur un ban ou un pick. Mais oui, c’est le plus compliqué.
Quantum : Est‑ce que les joueurs te suivent toujours quand tu imposes un pick ?
TheRock : Oui. Si je dis qu’on doit prendre un champion, ils le prennent. Mais il y a parfois des débats, surtout après coup, en meeting. Cette saison, je suis plus direct : « Non, tu te trompes. On fait ça. » On se connaît mieux, donc je peux être plus franc, et ça fonctionne.
Quantum : Si tu pouvais ramener un champion dans la meta, lequel ?
TheRock : Hecarim. Il est insupportable, mais j’ai une vision pour lui.
Quantum : Un mot pour les fans ?
TheRock : Merci pour le soutien. On aura des bons jours et des jours étranges, parce qu’on reste une équipe jeune et parfois inconsistante. Mais on travaille dur, vraiment dur, pour progresser. Merci d’être avec nous.
Où suivre le spring split du LEC 2026 ?
Pour suivre tous les matchs de votre équipe préférée, la compétition est diffusée en français sur la chaîne Twitch d’OTP. Vous pouvez également retrouver les résultats en direct sur notre compte Twitter (X).